le bonheur au temps du confinement

Le 13 mars dernier, les enfants prenez leurs affaires pour les ranger dans leurs cartables avant de quitter l’école pour un temps indéfini. Cependant, on ne ressentait pas la joie des veilles de vacances, même chez les plus jeunes, mais une sorte d’inquiétude transmise par les adultes et par l’inconnu.

Il a fallu s’adapter, s’organiser, « faire contre mauvaise fortune, bon cœur » dit le Robin des bois de Disney de 1973 (à revoir!) . Alors, toutes sortes de moyens de se distraire, se cultiver, se retrouver sans se toucher… on été mis en place pour donner l’impression que nous pouvions toujours mener une vie « normale ». Comme s’il fallait occuper le temps pour ne pas le voir.

Pourtant, il y a des manques, des besoins que la distance ne permet pas de combler, comme serrer ses proches dans ses bras lorsqu’ils habitent ailleurs. Ou une vraie réunion de travail où nous échangeons en voyant tout le langage corporel de nos collègues.

Alors, pour les petits comme pour les grands, ce confinement commence à être long même si nous sommes bien conscients qu’il est nécessaire.

Il est peut-être temps de prendre le temps d’une petite réflexion en famille!

Pixar – animation Bonus – Saute mouton

On nous a retiré certaines choses (école, travail, sorties…) pour nous protéger mais peut-on être heureux sans tout cela?

C’est le moment de réfléchir à ce dont nous avons vraiment besoin ou ce qui est simplement un plaisir qui passe aussi vite qu’il est arrivé. Les enfants ont peut-être passé plus de temps à partager des jeux ou des histoires avec les parents ou les grands frères ou sœurs. Vous avez peut-être passé plus de temps à cuisiner, lire, discuter, dessiner, fabriquer des objets… Qu’est-ce que vous avez ressenti? votre corps était-il détendu, ouvert ou, au contraire, tendu et recroquevillé? votre souffle était-il calme ou rapide?

De quoi avez-vous besoin pour vous sentir bien? Peut-être est-ce quelque chose qui ne vous est pas accessible pour le moment pourtant avant, vous ne lui accordiez pas l’importance que son absence vous montre. Comment pourrez-vous faire, après, pour lui accorder la place qu’elle mérite?

Pour être heureux, « bien dans sa peau », kiffer… selon certains philosophes, il faut

  • se connaître
  • ne pas se laisser envahir par les désirs (ils n’apportent que du malheur, qu’on se le dise!)
  • être conscient de ce que nous avons, de ce que nous sommes, de ce dont nous avons besoin

Et puis il y a ce qui ne dépend pas de nous, en ce moment, nous pouvons nous sentir impuissant.

« Il n’y a qu’une route vers le bonheur, c’est de renoncer aux choses qui ne dépendent pas de notre volonté. »

Épictète (50-125)

Qu’en pensez-vous? Y a t-il des occasions de découvrir que vous souhaitez vraiment pouvoir agir différemment? De découvrir que vous pourriez suivre une formation, apprendre, pour réaliser ce qui vous tient tant à cœur? Ou au contraire, arrêter de culpabiliser, de vous inquiéter si vous ne pouvez rien y faire.

« Il faut méditer sur ce qui procure le bonheur, puisque, lui présent, nous avons tout, et lui absent, nous faisons tout pour l’avoir. »

Epicure, Lettre à Ménécée (IV av JC)

Pour certains d’entre nous, nous avons le temps de mener cette réflexion et de la partager avec nos enfants alors profitons en. Et comme il faut apporter différents arguments lors d’une discussion philosophique, voici un argument pessimiste de Kant

« Le problème qui consiste à déterminer d’une façon sûre et générale quelle action peut favoriser le bonheur d’un être raisonnable est un problème tout à fait insoluble. »

Emmanuel Kant (1724-1804)

Le bonheur serait égoïste et imaginaire… alors je finirai avec Voltaire

« J’ai décidé d’être heureux car s’est bon pour la santé. »

Voltaire (1694-1778)
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Philocomix de Jérôme Vermer et Jean-Philippe Thivet éditions Rue de Sèvres
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