les bénéfices des ateliers avec les adolescents

Je viens de finir un nouveau cycle d’ateliers au CHU de Saint Nazaire avec les adolescents.

Ces groupes sont très différents d’une semaine à l’autre dans leur composition puisqu’ils sont dépendants des arrivées et des départs. Cependant, certaines caractéristiques se retrouvent d’un groupe à l’autre

  • les jeunes se découvrent pendant l’atelier, ils n’ont souvent pas eu le temps de faire connaissance avant.
  • Ils ne s’attendent pas à ce genre d’atelier alors qu’ils sont là pour qu’on prenne soin d’eux.

Donc, autant dire que nous commençons dans le plus grand calme, le temps pour chacun de jauger les autres et de réfléchir à la suite qu’ils vont donner à nos échanges.

Pourtant, nous finissons toujours par avoir des échanges riches parce que cette discussion nous donne à tous l’opportunité de réfléchir à des situations qui nous touchent plus ou moins mais avec une distance qui nous offre une autre vision. Peut-être avez-vous déjà vécu cette situation. lorsqu’un problème vous tracasse, qu’une situation est difficile à vivre mais qu’il est aussi difficile d’en parler parce que cela vous touche trop et finalement, par hasard, vous allez lire un article, entendre une émission ou participer à une discussion qui va vous permettre d’analyser ce problème comme si vous le regardiez sous un autre angle, et ainsi de trouver des réponses.

Si l’objet de la réflexion philosophique n’est pas thérapeutique, le fait de penser l’autre, l’existence, la nature, la mort… nous apporte aussi des éléments pour mieux nous comprendre et agir.

Cette année, nous avons utilisé des mythes, des allégories, un dilemme, un court métrage et des dessins de presse pour lancer nos sujets : croire ou savoir, le dépassement, le bien et le mal, l’espoir, l’identité…

Les jeunes sont issus de tous les milieux sociaux et scolaires ce qui permet à celui qui est en « échec scolaire » de discuter avec le « bon élève ». Mais le contexte de l’atelier fait que les jeunes ne craignent aucun jugement de valeur. Ils sont ainsi libérés de craintes qui, parfois inconsciemment, les empêchent de réfléchir et d’exprimer leur pensées. Alors la confiance s’installe petit à petit et les idées sont partagées pour construire une réflexion tous ensemble.

Je n’ai qu’un regret. Nous ne nous rencontrons qu’une fois, en général, et peu de jeunes auront l’opportunité de participer à d’autres ateliers. Alors, si vous avez les moyens, un lieu par exemple, pour que des ateliers philo pour les ados soient mis en place dans toutes les communes, lancez-vous. Je viendrai avec plaisir si vous êtes dans ma région.

Qui sui-je? encore

En mars 2019, je me posais déjà la question ici et j’espérais pouvoir en discuter avec les jeunes. C’est fait!

Nous avons eu l’occasion de nous interroger en regardant ce dessin trouvé sur Pinterest.

Nous vivons une époque où l’image peut ne pas vraiment correspondre à ce que nous sommes. Ou peut-être que si finalement. Comment savoir? Quel long chemin devons nous parcourir?

Selon mes jeunes philosophes, nous sommes influencés par nos proches, famille, amis, professeurs… et par la société. Mais nous sommes plus ou moins sensibles à cet environnement. Il y a cependant des moments où nous nous sentons vraiment exister, lorsque nous sommes dans le Flow, comme l’a étudié le psychologue Mihaly Csikszentmihalyi. Pourtant, là, c’est un jeune homme qui me l’a dit. Il m’a même expliqué qu’on n’avait pas conscience de cela au moment où nous le vivions et qu’il est difficile de le retrouver, de le recréer.

Ce Flow est un état mental qu’on atteint lorsqu’on est totalement concentré par une activité qui nous fait tout oublier, le temps, les gens qui nous entourent, manger, boire. Plus rien n’existe d’autre. Mais nous ne sommes conscient de cet état que si nous faisons l’effort, après, de réfléchir à ce que nous avons vécu, ressenti.

En fait, il existe différentes façons d’être soi. Leur point commun est que toute nécessitent volonté et efforts. Philosophie magazine, dans le numéro 131 de juillet/août 2019, l’a très bien résumé dans ce schéma que je me suis permise de scanner.

extrait de L’évidence intérieur, page 53, Philosophie magazine n°131

Il existe différents chemins que nous choisirons selon notre personnalité. Ou peut-être que nous en essaierons différents avant de trouver celui qui nous convient. Mais une chose est sûre, nous devons être prêts à faire des efforts et à lire les philosophes!

J’en profite pour remercier chaleureusement Malika et Pascale qui me permettent de rencontrer les jeunes, à l’hôpital de Saint Nazaire, ainsi que les jeunes avec lesquels j’aime tant discuter, réfléchir.