des ateliers à Frossay

Mafate NHD
« L’horizon souligne l’infini. » Victor Hugo

Depuis quelques temps, j’ai rejoint plus activement l’équipe d’une association que j’aime beaucoup; Écoute et Partage. Grâce à eux, nous pouvons assister à des conférences ou participer à des ateliers sur la communication bienveillante et le bien-être dans notre petite commune.

Nous préparons activement la rentrée prochaine et, c’est dans ce cadre, que je proposerai des ateliers pour les enfants et les ados.

L’objectif de ses ateliers sera de développer notre pensée, notre esprit critique dans un échange bienveillant propice à un enrichissement mutuel à partir d’un livre, d’un film, d’une photo ou d’un questionnement des enfants. Nous commencerons par une pratique de l’attention pour vivre pleinement cet échange et nous finirons par une synthèse qui pourra être écrite, dessinée… Tout cela en compagnie des philosophes.

Tous les mercredis, hors vacances scolaires, Salle A Mandeville, Frossay

10H30-11H30 pour les 6/10 ans 14H30-15H30 pour les 11/14 ans
5 € la séance, engagement pour un trimestre

Séance découverte gratuite  mercredi 18 septembre 2019

1er trimestre du 25/09 au 18/12  2ème trimestre du 08/01 au 08/04  3ème trimestre du 29/04 au 01/07

N’hésitez pas à me contacter si vous avez besoin de renseignements ou si vous souhaitez inscrire vos enfants ou encore pour connaitre les autres activités proposées (yoga, méditation, sophrologie…) chouettephilosophe@gmail.com

Comment j’ai raté ma vie

ou comment ne pas rater la vôtre, selon Bertrand Santini et Bertrand Gatignol

A première vue, ce titre n’est pas très attirant. Nous recherchons plus souvent des conseils pour la réussir car nous sommes parfaitement capable de la rater seul. Puis, en lisant le nom de l’auteur, j’ai immédiatement pensé que ce livre devait être bien. Je l’ai donc découvert en le lisant à voix haute à Régine Barat qui me l’a confié pour en faire la critique.

Je vous confirme donc que cet album plein d’ironie nous invite à réfléchir à ce qui est important dans notre vie. Quel était notre vision de la vie enfant et qu’en avons nous fait?

Ce livre est une invitation à réfléchir à ce qu’est une vie bonne, eudaimonia, LE sujet que j’aime et qui me fait considérer la philosophie, presque, comme une thérapie.

Éloignons-nous des désirs et apprenons à trouver le plaisir dans une vie simple. Finalement, plus on augmente le champ des possibles et plus nous nous perdons. Plus de consommation, plus de communication virtuelle au détriment de l’essentiel comme d’avoir des rapports humains directs, des plaisirs simples en lien avec la nature.

Lors du forum des associations samedi dernier où je présentais les ateliers philo de la rentrée prochaine, je partageais le stand avec deux charmantes jeunes femmes, l’une sophrologue et l’autre relaxologue. Notre association propose également du yoga donc des activités qui invitent à trouver la quiétude et le bien-être, autant que possible. J’ai pu constater que nos activités rencontraient un fort succès et que les visiteurs, quelque soit leur âge ou leur sexe, cherchent des moyens de s’apaiser en partageant des activités qui invitent à se recentrer sur l’essentiel.

En attendant d’utiliser cet album pour introduire un débat, je vous invite à lire la critique sur le site de Contalyre et d’en partager la lecture avec les enfants.

Lors des projections du « Cercle des petits philosophes »…

Si vous ne l’avez pas encore vu, ce film présente des ateliers de philosophie animés par Frédéric Lenoir dans 2 classes de la région parisienne.

On y voit des bribes de débats qui nous montrent bien l’intérêt d’organiser de tels ateliers. Les enfants peuvent avoir un regard profond sur le monde et sur nos existence si on leur donne l’occasion de s’exprimer mais ils sont aussi imprégnés très tôt par la violence et les difficultés qu’ils observent autour d’eux.

Des petites tranches d’intimité des enfants nous dévoilent le prolongement de ces réflexions en dehors de la classe et ce besoin de s’interroger et de comprendre, chez l’enfant, lorsqu’il se sent écouté.

Cécile Denjean a réalisé un beau film où les images et la musique enveloppent les dialogues d’une douce atmosphère introspective.

Depuis sa sortie, j’ai participé aux échanges dans 2 cinémas de la région et c’est avec grand plaisir que je constate l’intérêt du public pour le sujet. Tout le monde souhaite voir de tels ateliers se développer à l’école et en dehors pour toucher tous les enfants, car bien qu’ils soient présents dans les programmes scolaires depuis 2015, ils ne sont pas toujours mis en place ou pas régulièrement. Les enseignants ont déjà de très nombreux sujets à développer avec les enfants, il leur est donc difficile, je pense, de tout développer. Mais il est incontestable que nous devons aider les enfants à développer ce pouvoir pour former des citoyens critiques et conscients.

J’ai la chance d’animer des ateliers dans différents sites (école, médiathèque, CHU, association d’enfants scolarisés à la maison,centre aéré, par exemple), je constate à chaque fois le plaisir des enfants à partager leurs réflexions mais aussi à être écoutés par un adulte guidant, sans jugement. A l’école, le fait que je ne sois pas l’enseignant met les enfants dans une posture différente, ils ne sont plus apprenants mais co-constructeurs de la réflexion qui va les amener à trouver des réponses (ou des débuts de réponses) à des sujets qui les touchent. Je suis donc persuadée que nous avons un rôle important à jouer maintenant pour l’avenir de nos enfants.

Donc, si vous n’avez pas encore vu le film, il y a certainement une projection proche de chez vous prochainement, les dates sont ici .Quant à moi, je serai avec Michel Calvez au Cinéjade à Saint Brévin (44) le vendredi 7 juin à 20h

https://www.saint-brevin.com/le-cercle-des-petits-philosophes.html

1 km fait-il bien 1 km?

Piton de la Fournaise, avril 2019

La marche est une activité idéale pour réfléchir, j’ai pu l’expérimenter pendant nos magnifiques randos à la Réunion en avril dernier. Parfois, le thème de ma réflexion était lié à l’expérience que je vivais.

Nous nous levions tôt pour ne pas souffrir de la chaleur et pouvoir faire nos 15 km de marche et 900m de dénivelé avant midi. Sur la carte cela semble facile, vu du départ, l’ensemble est tellement beau que l’envie est plus forte que la raison et puis il y a la marche… Mes hommes (fils et mari) marchaient d’un bon pas, comme d’habitude, le mien étant moins alerte (mais efficace!). De là est née mon interrogation: un kilomètre est-il identique pour chaque personne?

Bien sûr, scientifiquement, il est possible de mesurer un kilomètre qui sera égal à n’importe quel autre dans le monde. Mais quelle vérité a ce kilomètre en dehors du ressenti de celui qui le parcours? Alors, il devient différent selon la personne. Savoir qu’un parcours mesure 2 km n’aura donc pas la même signification pour chacun or le but de cette information n’est-elle pas de nous permettre de nous organiser pour parcourir cette distance? Cela ressemble à la nouvelle information que les météorologues nous donnent; température 20° ressentie 18°.

Donc, je pourrais dire avec les empiristes qu’une rando de 15km en montagne est très longue car cette connaissance me vient des sensations que j’ai accumulées lors de différentes expériences. C’est la perception que j’en ai bien que cette distance soit identique en montagne ou sur un chemin plat.

Cela signifierait qu’une chose est différente selon la perception de chacun, il lui faut donc une existence propre sinon elle n’existe pas. Notre raison, selon Descartes nous permet de distinguer l’essence des choses. Un kilomètre est identique partout mais je vais le percevoir différemment selon le lieu.

C’est Husserl qui nous éclaire en disant que les choses se donnent à nous par esquisses. J’ai conscience de l’existence de ce kilomètre mais ma perception, de par les expériences que j’en ai eu, créé différentes esquisses que ma conscience va relier à l’objet.


« Ce n’est pas une propriété fortuite de la chose ou un hasard de notre constitution humaine que notre perception ne puisse atteindre les choses elles-mêmes, que par l’intermédiaire de simples esquisses. »

Edmund Husserl

Heureusement, le plaisir de la marche et la beauté des paysages m’ont fait oublier la longueur des kilomètres.

S’unir c’est se mélanger…

… une histoire de poules. De Laurent Cardon aux éditions du Père Fouettard

S’unir c’est se mélanger, L Cardon Ed du père Fouettard

Panique au poulailler, le coq blanc à disparu. C’est certainement le renard. Une poule rousse manque également à l’appel mais toutes les poules noires sont présentes. Il faut agir avant une nouvelle attaque. Les 3 groupes discutent longuement sur l’organisation pour qu’aucun d’entre eux ne se sente lésé. Mais il n’est pas facile de se mettre d’accord.

Une belle façon de parler de démocratie aux enfants avec beaucoup d’humour et une chute hilarante.

A utiliser avec des enfants à partir de 7 ans pour un débat mais bien avant pour le plaisir et surtout longtemps après.

http://www.perefouettard.fr/editions/livre.php?book=12

Qui suis-je?


Tobie Nathan – Migrants, exil et réfugiés : parlons-en ensemble ! Univ Nantes

Il y a quelques jours, en cherchant des livres qui pourraient m’aider à préparer des ateliers que je vais animer auprès d’enfants hospitalisés, je me suis arrêtée sur le livre de Tobie Nathan, « Les âmes errantes ». Certes, la lecture de ce livre est en lien avec une partie des jeunes que je vais rencontrer, mais surtout, elle m’a parlé personnellement.

Et puis ce matin, alors que je fermais ma vidéo de yoga du matin, j’ai découvert, parmi les propositions de vidéos de Youtube, cette conférence de Tobie Nathan. Comme si le moment de réfléchir plus profondément sur « qui suis-je? » était arrivé. Atelier que j’espère animer un jour.

La philosophie, depuis Socrate jusqu’à Descartes, invite à nous penser comme individu humain, puis humain pensant, ce qui est commun à tous les Hommes sans pour autant aider à comprendre son individualité. La psychologie ajoute l’héritage familiale qui nous permet de nous singulariser d’une partie des autres mais qui peut nous laisser face à des méconnaissances. Nous n’avons pas tous un arbre généalogique complet et détaillé et nous ne nous reconnaissons pas forcément dans ce que nous connaissons de notre famille . Nous vivons en société, le monde dans lequel nous évoluons nous pousse à agir en relation avec l’extérieur. D’ailleurs, selon Pascal, si nous nous dépouillons de cet être social, nous nous retrouverons face au néant. Puis Sartre nous dit que notre « je » évolue en permanence. Le fait de le penser et de croire le cerner ne serait qu’un arrêt sur image à un moment T de notre existence.

En conclusion, « Je suis ce que j’ai décidé de construire par la connaissance ». Cette phrase de Tobie Nathan me touche, en particulier après ce qu’il a dit sur la deuxième génération d’étranger. Notre histoire a évolué avec les mouvements de population et cela invite à poursuivre l’analyse à la lumière de ces nouvelles données.

Discussion sur le handicap

J’ai été conviée par la maison des jeunes de Chauvé à participer à leur semaine sur le(s) handicap(s).

Le programme était plus qu’intéressant. Les animateurs avaient organisé de nombreuses rencontres et expériences pour mieux comprendre ce que vivent les personnes en situation de handicap : un repas dans un restaurant géré, en partie, par des personnes porteuses d’une trisomie 21 https://www.restaurantlereflet.fr/ , assister à un tournoi de foot fauteuil, préparation d’un repas les yeux bandés ou avec un bras immobilisé, pratique d’un sport en fauteuil et de torball, visionnage de films…

Je suis intervenue à la fin de cette riche semaine pour aider les enfants à synthétiser toutes les informations qu’ils avaient recueilli.

En plus du plaisir que les jeunes avaient pris à échanger avec les personnes rencontrées et à expérimenter, une évidence ressortait de leur discours; on agit de façon maladroite voire déplacée avec les personnes différentes par méconnaissance. La solution est de mieux se connaitre pour bien vivre ensemble.

La différence entre 2 êtres est inéluctable, si deux personnes étaient exactement identiques elles ne seraient qu’une personne (cf Locke). Nous identifions comme « différent » toute personne n’ayant pas les caractéristiques que nous considérons comme étant la norme (la nôtre) basée sur notre jugement. A partir de là, nous allons soit éprouver de la pitié, du dédain ou de la peur pour cette être que nous allons juger inférieur ou effrayant ou supérieur.

Alors, comme ont expliqué les jeunes que j’ai rencontré la semaine dernière, commençons par faire connaissance et gardons en tête la citation d’Antoine de Saint Exupéry dans Pilote de guerre :