Philomino, des petits livres pour de grandes discussions

J’ai pu retirer, ce week-end, les 2 premiers livres d’une longue série j’espère, de la collection Philomino chez 3oeil.

Ces petits livres (12 x 16 cm) présentent des métaphores animalières utilisées par des philosophes pour présenter des concepts. Les premiers sont :

Le porc-épic de Schopenhauer

J’utilisais la version proposée par Michel Piquemal dans les Philo-fables. Celle-ci offre en plus de belles illustrations. Olivier Philipponneau a utilisé la technique de l’estampe pour des illustrations douces et épurées. Le texte est adapté pour les petits philosophes mais il faudra se retenir de dévoiler les toutes dernières pages avant la fin du débat.

Le corbeau d’Epictète

Le second est illustré par Csil de manière tout aussi épurée mais elle a utilisé la gravure et il nous invite à réfléchir à notre bonheur.

Alice Brière-Haquet propose des textes poétiques qui invitent à la réflexion en utilisant un vocabulaire riche. Ne vous fiez pas à la taille de ces livres, ils n’ont rien d’enfantin et seront aussi appropriés pour ouvrir une discussion avec des adolescents. pour en savoir plus, je partage les documents de présentation ici et ici

Cette petite collection devrait grandir de 4 titres supplémentaires. Suivons l’actualité de 3 œil pour passer commande à notre libraire le plus proche

Je le veux!

Le destin de Fausto de Oliver Jeffers

Kaléidoscope, 2020

Le destin de Fausto, Oliver Jeffers, Kaléidoscope
Le destin de Fausto, Oliver Jeffers, Kaléidoscope

Notre cher monsieur Fausto, avec son costume trois pièces, ces grosses moustaches et son air grincheux, a décidé que tout lui appartenait. Il décide donc de sortir fait l’inventaire de ses possessions; une fleur, un mouton, un arbre, un champ, un lac, une montagne… bref, tout jusqu’à ce qu’il arrive au bord de l’océan. Il va au large grâce à un pauvre petit bateau qui se trouvait là et annonce à l’océan qu’il en est le maître. Mais l’océan ne se laisse pas faire. Il lui répond qu’il ne peut pas l’aimer puisqu’il ne le comprend pas.

Cette fable d’Oliver Jeffers est comme une parabole écologique de l’homme s’appropriant la nature avec excès sans en prendre soin, c’est le pouvoir de l’humain. J’ai ressenti la destruction délicatement représentée par la petite fleur coupée alors qu’elle avait accepté d’être possédée par l’homme.

L’homme fait de grosses colères, il tape du pied alors que la nature vit paisiblement. D’ailleurs, les couleurs sont belles et naturelles sauf les taches fluorescentes sur ce petit bonhomme énervé. Au départ, jusqu’à l’arrivée au bord de l’océan, les illustrations occupent peu de place sur la page. Certaines pages sont même blanches, ou plutôt blanc cassé, avec juste un peu de texte en haut. Mais l’océan lui, va prendre beaucoup de place. Des doubles pages entièrement recouvertes d’une belle eau bleue, verte, sombre.

Je ne dévoilerai pas tout et il ne s’agit que de mon interprétation mais j’adore cet album pour son texte, ses illustrations, sa mise en page, la qualité du papier. J’ai tendance à acheter les livres d’Oliver Jeffers les yeux fermés parce que je sais que j’y trouverai un sujet de réflexion à partager avec les enfants, agréablement illustré. C’est encore une belle surprise que j’espère pouvoir vite utiliser en atelier philo.