
J’étais invitée, samedi matin, à animer une réflexion sur la place des grands-parents par le centre socioculturel Henri Normand, à Couëron. Cette matinée a réuni une vingtaine de personnes, des grands-parents en majorité.
Les bénévoles du CSC avaient préparé un petit déjeuner, en buffet, qui a ajouté de la convivialité car le partage de nourriture a tendance à nous détendre et à ouvrir les discussions.
Mais nous n’étions pas réunis uniquement pour les viennoiseries, alors après une présentation de l’atelier et un invitation à penser en tant que « Grand tout » comme le propose J Levine, nous avons fait un tour de table où chacun pouvait partager ce qu’est la famille pour lui.

Ce premier partage nous a permis de commencer à qualifier la famille afin de comprendre la place des grands-parents dans cette mini société. Cette place qui a évolué très rapidement en un siècle avec l’éclatement géographique du cocon familiale pour aller là où le travail nous envoie ou par choix. C’est aussi une période d’évolution de la place de l’enfant qui a été reconnu comme personne, devenu parfois enfant roi. Le tout dans une société qui s’est transformée en société de consommation et où le développement technologique a été tellement rapide que de nombreuses personnes se sentent dépassées. Alors les grands-parents, dans tout cela, où se situent-ils ?
Quoi de mieux qu’une petite impro pour se mettre dans la peau de l’autre !
J’ai préparé un jeu avec des cartes « rôle » et des cartes « situation ». Trois volontaires ont choisi leur rôle (parent, enfant, grand-parent) et une situation parmi les propositions.
Après un petit temps de concertation, elles ont improvisé une scène épique avec un enfant très turbulent, une mamie qui voulait cadrer son comportement et une maman préférant que son enfant puisse jouer en toute liberté dans l’espace public.
Nous avons bien ri mais nous avons aussi pu observer le comportement de chaque personnage. La maman et la grand-mère ont très bien su jouer et exagérer le comportement de chacune. D’un côté, la mamie inquiète, voyant des dangers partout, adepte de l’enfant sage, qui tient la main et ne se fait pas remarquer. De l’autre, la maman préférant laisser son enfant découvrir par lui-même, confiante dans la capacité de l’enfant à s’adapter face à un danger et considérant que l’enfant a besoin de s’exprimer, même si cela lui fait prendre beaucoup de place.
Nous avions là de la matière pour poursuivre notre réflexion sur le rôle de chacun dans la famille, le rôle qu’on aimerait avoir, celui que les autres souhaitent et celui que la nécessité installe. Nous avons réfléchi à ce que les uns apportent aux autres dans cette relation mais également si ce lien entre des êtres avait besoin d’être biologique. Mais nous avons aussi pensé à la bonne distance des porcs-épics de Schopenhauer nécessaire pour que la relation se passe bien, dans le respect les uns des autres.
Pour terminer, j’ai invité les participants à écrire une lettre à l’enfant ou le jeune parent qu’ils ont été, ce qu’ils auraient aimé savoir ou leur partager ce qui leur semble important et les plus jeunes étaient invités à écrire une lettre au grand-parent qu’ils deviendront peut-être.
Avant de nous séparé, j’ai lu un extrait du livre de Dany Laferrière, L’Odeur du café, dans lequel il parle si bien de sa grand-mère.
Je n’ai partagé ici qu’une toute petite partie de nos échanges car nous avons beaucoup parlé pendant 2 heures mais c’est aussi un sujet fort en émotions qui n’ont pas à sortir du groupe.
Cet atelier faisait partie des activités proposées dans l’espace de vie sociale de l’établissement. Merci beaucoup à l’équipe du CSC Henri Normand pour son invitation et son accueil.
J’espère avoir d’autres occasions de partager ce sujet important dans la connaissance de soi et des liens entre les personnes d’une famille, quelle qu’elle soit. Alors si vous êtes intéressé, n’hésitez pas à me contacter.