Discussion sur le handicap

J’ai été conviée par la maison des jeunes de Chauvé à participer à leur semaine sur le(s) handicap(s).

Le programme était plus qu’intéressant. Les animateurs avaient organisé de nombreuses rencontres et expériences pour mieux comprendre ce que vivent les personnes en situation de handicap : un repas dans un restaurant géré, en partie, par des personnes porteuses d’une trisomie 21 https://www.restaurantlereflet.fr/ , assister à un tournoi de foot fauteuil, préparation d’un repas les yeux bandés ou avec un bras immobilisé, pratique d’un sport en fauteuil et de torball, visionnage de films…

Je suis intervenue à la fin de cette riche semaine pour aider les enfants à synthétiser toutes les informations qu’ils avaient recueilli.

En plus du plaisir que les jeunes avaient pris à échanger avec les personnes rencontrées et à expérimenter, une évidence ressortait de leur discours; on agit de façon maladroite voire déplacée avec les personnes différentes par méconnaissance. La solution est de mieux se connaitre pour bien vivre ensemble.

La différence entre 2 êtres est inéluctable, si deux personnes étaient exactement identiques elles ne seraient qu’une personne (cf Locke). Nous identifions comme « différent » toute personne n’ayant pas les caractéristiques que nous considérons comme étant la norme (la nôtre) basée sur notre jugement. A partir de là, nous allons soit éprouver de la pitié, du dédain ou de la peur pour cette être que nous allons juger inférieur ou effrayant ou supérieur.

Alors, comme ont expliqué les jeunes que j’ai rencontré la semaine dernière, commençons par faire connaissance et gardons en tête la citation d’Antoine de Saint Exupéry dans Pilote de guerre :


La solidarité

Depuis le mois de novembre, je co-anime avec Christelle des ateliers à la médiathèque de la Plaine sur Mer, des dimanches matin. Ma collègue et moi avons choisi de traiter un sujet par période de trois séances avec les enfants. Lors de la première séance, nous présentons un support, dans le cas présent il s’agissait d’un court métrage, puis les enfants nous font la liste des différents thèmes qu’ils y ont vu avant de voter pour celui qu’ils garderont pour les séances suivantes.

Nous venons donc de terminer un cycle sur la solidarité.

Mais qu’est ce que cela représente pour un enfant? Dans leur univers proche, ils ont commencé par évoquer la solidarité entre camarades de classe, dans le cadre familiale, avec des voisins. Très vite est apparu le dilemme du camarade qu’on n’aime pas. Pouvons nous être solidaires d’une personne qu’on n’aime pas ou qu’on ne connaît pas? Il a alors fallu réfléchir aux différentes situations où nous sommes solidaires, lorsque nous donnons nos vêtements trop petits ou nos jouets à une association qui les distribue à des personnes qui en ont besoin par exemple. Donc nous ne connaissons pas toujours les personnes avec lesquels nous avons été solidaires.

Finalement, les enfants ont considéré que nous sommes tous solidaires les uns des autres parce que nous avons tous besoin les uns des autres. « Être solidaire est le contraire d’être solitaire » « Nous avons besoin les uns des autres et aussi d’égalité »

Voilà des mots qui me font du bien.

Pour finir, les enfants ont préparé une affiche pour partager leurs ateliers avec les lecteurs de la médiathèque

La solidarité des petits philosophes

Prochains rendez-vous les 3, 17 et 31 mars. Quel sujet choisirez-vous?

La philo chez Bio’Zitive, c’est reparti!

Les samedis :
02/02
02/03
30/03
27/04
25/05
29/06
De 11h à 12h

Série de 6 ateliers de discussion philosophique pour enfants de 7 à 12 ans, 10 à 15 participants.
Le thème du premier atelier sera choisi par les enfants entre : Mes émotions et mes sentiments ou Penser.
Puis les enfants proposeront les thèmes de chaque rencontre.
La participation à l’ensemble des ateliers est préférable pour apprendre à développer son esprit critique et sa réflexion.
Coût : 30,00€ pour l’ensemble du cycle par participant ou 7,00€ par séance.

Vous pouvez vous inscrire directement au magasin Bio’Zitive à Sainte Pazanne ou par mail à chouettephilosophe@gmail.com

Calvin et Hobbes

De la consommation.

En faisant le choix d’animer des discussions à visée philosophique, j’ai envie, comme le colibri de la légende, d’apporter une petite aide pour développer un peu plus d’humanité. Aider à prendre conscience qu’il est bon de réfléchir ensemble aux sens de la vie et de nos actes.

Cette réflexion fait parti, plus globalement, du développement durable dans son sens premier, c’est à dire incluant l’humain. L’écologie ne semble parfois être que dans des gestes visant à protéger la nature, végétale et animale, en oubliant notre appartenance à cette nature.

En convalescence, devant la télévision, j’ai été dérangée par une, entre autre, publicité pour une chaine de magasins se vantant de vendre à très bas prix.

Bien sûr, lorsqu’on a un budget serré et que l’on nous propose, comme se fut le cas cet été, des aubergines d’Espagne à moins d’un euro le kilo, l’envie peut être grande d’emplir son congélateur. Dans notre jardin, nous avons une petite serre où nous avions planté des tomates, des poivrons, des aubergines…Elles étaient belles de l’attention que nous leurs portions, un peu tordues, pas très grosses, mais nous avons surtout pu observer le temps nécessaire pour qu’elles arrivent naturellement à maturité et les soins que nous avons dû leur prodiguer.

Une réflexion n’est pas que philosophique, elle doit aussi être un peu (beaucoup?) pragmatique. Comment les aubergines de ce magasin peuvent-elles être vendues à un prix aussi bas en tenant compte du temps nécessaire à leur croissance? En y ajoutant des produits pas du tout naturels qui vont augmenter leur rendement. Comment rémunérer convenablement les jardiniers? On découvre vite, si on s’en donne la peine, que des migrants sont exploités pour ce travail; après avoir vécu l’enfer pendant leur voyage pour fuir l’enfer. Comment payer le transport de ces légumes jusqu’à nous? En sous traitant ce service à des routiers de l’est de l’Europe parce que leurs salaires sont plus bas.

Conclusion, pour avoir des aubergines insipides en grande quantité, il faut : – polluer la terre et les plantes, donc nous, pour avoir un grand rendement. – il faut exploiter des hommes rescapés de l’enfer de la Méditerranée. – il faut exploiter des routiers loin de chez eux pour un salaire dont nous ne voudrions pas. Est-il facile de se donner bonne conscience en disant que cela donne du travail à des gens qui en ont besoin. Que cela nous permet de faire manger nos 5 fruits et légumes à nos familles avec un budget serré….

Dans notre campagne, comme certainement dans toutes les campagnes, un agriculteur en bio vend sa production directement à la ferme 2 fois par semaine. Tout le monde passe un bon moment lors de ces ventes à échanger sur la façon de cuisiner les légumes proposés, sur le temps et l’impact sur la croissance des plantes, sur les dernières animations culturelles qui se sont déroulées dans les communes voisines. Vincent aime nous parler de son travail. Son nouveau travail puisqu’il est arrivé là suite à une reconversion professionnelle. Il est passionné et il aime aussi nous faire découvrir les produits des autres producteurs locaux; pain, fromage, farine… Les aubergines coutent plus de 3 euros le kilos et il ne roule pas sur l’or bien qu’il travaille dur.

Certes, pour le prix d’un kilo d’aubergine dans cette ferme, j’en aurais eu plus de 3 dans ce magasin « préféré des consommateurs » selon la publicité. Mais, mes aubergines ont le goût du temps passé à la ferme à discuter avec des consommateurs heureux, des échanges avec un agriculteur et des consommateurs qui agissent en bonne conscience. Celle que l’on a quand on fait quelque chose de bien pour la nature et pour les hommes, donc pour nous.

Tout ça c’est bien, mais quel est le rapport avec la discussion à visée philosophique? Avec les enfants, nous avons réfléchi ensemble sur l’amitié, le bonheur, la violence, le partage, le civisme… Il ressort de ces échanges un véritable altruisme installé au fond de chacun qui à besoin de très peu d’efforts pour ressortir. Malheureusement, cette belle qualité semble ne plus s’appliquer lorsqu’il s’agit de consommer. Comme les Gremlins lorsqu’ils mangent après minuit !

Gremlins


A l’occasion du Black Friday, j’avais partagé une vidéo d’un jeune homme dont la page FB s’appelle « Partagez C’est sympa ». Il invite à se poser quelques bonnes questions avant d’acheter. C’est clair et humoristique mais comment acheter du superflu pas très responsable après réflexion.

Alors certes, c’est facile d’être moralisateur derrière son clavier quand on a des bananes (bio) dans sa cuisine. Il y a des produits qui viennent obligatoirement de loin et qui ont donc un mauvais impact sur la planète. Mais nous pouvons tous changer notre façon de consommer moins pour consommer mieux. Ce n’est pas philosophique, c’est le bon sens de nos grands parents. C’est ce que Friedrich Schumacher a développé en 1973 dans « Small is Beautifull », repris en 2018 par Satish Kumar dans « Pour une écologie spirituelle ». Il s’agit de faire notre possible pour arrêter de détruire la planète de nos enfants. Il s’agit de se demander comment consommer bien avec notre budget au lieu de se demander comment nous aimerions consommer du superflu si nous avions les moyens des autres, plus privilégiés, parce qu’il y aura toujours quelqu’un qui aura quelque chose de plus que nous. C’est donc apprendre à se contenter de ce que nous avons au lieu de développer des désirs qui font notre malheur. C’est arrêter d’attendre que les autres (politiques, industriels…) fassent le premier pas en pensant que nos actes sont inutiles.

Je vous souhaite donc à tous une année 2019 pleine de bon sens et d’altruisme où nos actes nous ouvriront la voie vers une vie meilleure.

L’important n’est pas de vivre mais de vivre bien. Socrate

Aidez nous à organiser des ateliers

Suite à l’atelier philo organisé au magasin Bio’Zitive de Sainte Pazanne, les gérants et moi aimerions avoir quelques renseignements pour mettre en place des ateliers pour enfants réguliers.

Je vous ai préparé un petit questionnaire auquel vous pouvez répondre par mail ou directement au magasin. Si vous êtes intéressé pour vos enfants, parlez en autour de vous car il faut au moins 10 enfants pour mettre en place une série de 6 ateliers (un par mois de janvier à juin).

A bientôt chez Bio’Zitive

Partager, ça fait plaisir!

Voici la première pensée d’une petite fille lors de l’atelier que j’ai animé mercredi au magasin Bio’Zitive.

J’avais choisi de lire l’album Poulet Pizza de Philemon Sturges, version « partage de pizza » de la petite poule rousse. Après tout, nous étions là à l’invitation des gestionnaires du magasin pour partager leur premier anniversaire. Alors oui, pour les enfants, partager ne fait rien perdre mais uniquement gagner, du plaisir, de la connaissance, du service… J’ai eu beau me faire l’avocat du diable en démontrant que, selon les mathématiques, partager c’est diviser en plus petites parts. Oui mais cela ne fonctionne que pour la nourriture donc il faut être plusieurs et profiter ensemble de ce plaisir… partagé. Les enfants ont également réfléchi au partage des transports pour aller à l’école qui est bon pour la planète et rend le trajet plus sympa avec des copains, le partage des savoirs qui permet d’aller plus loin…

Bref, ces enfants âgés de 7 à 11 ans ne voient dans le partage qu’un enrichissement. C’est d’ailleurs ce que nous avons vécu en partageant ce moment.

Nous avons fini en réalisant des affichettes pour souhaiter un bon anniversaire à l’équipe du magasin et pour donner un petit aperçu aux parents de ce que nous avions fait.

Nous avons maintenant tous très envie de partager d’autres discussions, alors faites le savoir au magasin, ils sont prêts à nous accueillir.

« Cher Donald Trump »

Je ne me lance pas dans un message pour M Trump, je souhaite simplement partager ma lecture de l’album de Sophie Siers, illustré par Anne Villeneuve, aux éditions Alice jeunesse.

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Il est parfois difficile de vivre ensemble entre frères partageant la même chambre. C’est ce qu’explique Sam dans les lettres qu’il envoie à Donald Trump. Il aimerait lui aussi construire un mur pour le séparer de ce frère envahissant.

Bien sûr, cet album présente le sujet avec de belles touches d’humour dans les illustrations et dans le texte mais cela ne rend pas le sujet moins important; quelle modèle de vivre ensemble donnent certains adultes aux enfants? Il semble plus facile de mettre une barrière entre des êtres plutôt que de communiquer pour chercher des solutions. En famille ou avec des amis, il est pourtant possible de faire des efforts pour vivre ensemble et être plus tolérants les uns avec les autres, Sam découvre combien il y gagne sans rien perdre. Il apprécie par exemple la présence rassurante de son grand frère lorsqu’il fait un cauchemar.

En tant qu’adulte, j’aime beaucoup l’idée que nous devons incarner ce que nous voulons transmettre ou partager. Lorsque nous sommes ouverts et accueillants, ne recevons nous pas un accueil chaleureux? Si nous pouvons agir sur notre comportement, nous devons aussi être attentifs aux autres exemples que les enfants voient. Heureusement, il reste la discussion à visée philosophique pour développer son esprit critique et l’espoir qu’ainsi, les hommes chercheront d’autres solutions que de vouloir construire des murs…