débattre du débat, de la discussion et du dialogue.

Dernièrement, j’ai entendu une jeune fille dire « dans un débat, untel gagnerait parce qu’il trouve toujours des arguments ». Nous étions plusieurs familles réunies autour d’une table pour une soirée conviviale et cette phrase s’est figée dans ma tête :

  • peut-il y avoir un gagnant dans un débat?

Selon le CNRTL,voici une définition du débat : « Action de débattre; discussion généralement animée entre interlocuteurs exposant souvent des idées opposées sur un sujet donné.  » Puis, selon le dictionnaire Littré :  » Différend dans lequel de part et d’autre on allègue des paroles au des raisons. Le débat fut violent. « 

« Discussion animée », « violent », »différend », il semblerait en effet que ce terme induise la notion d’altercation. Une personne en écrase donc une autre grâce aux arguments qu’elle va donner comme un boxeur le ferait de ses poings.

Cela implique que l’un des participants connaisse la vérité sur le sujet du débat, qu’il soit capable d’en apporter des preuves irréfutables et qu’ainsi les autres participants n’aient d’autre choix que de se ranger à son avis. Mais il me semble qu’il n’y a pas de débat possible si une réponse existe, s’il existe une démonstration scientifique. Des chercheurs vont débattre sur la façon d’opérer, sur la démarche à suivre mais une fois qu’ils ont les résultats, il y a une réponse, un résultat donc la fin d’un quelconque débat.

Alors si le sujet n’est pas scientifiquement explicable, le débat peut avoir lieu. Il va permettre d’échanger des arguments dans le but de trouver une explication, une première définition.

Certaines personnes, comme celle dont nous a parlé cette jeune fille, vont alors être plus à l’aise pour s’exprimer devant un groupe, elles vont avoir l’esprit vif et réponse à tout, des personnes maîtrisant la rhétorique. Le débat risque donc de devenir un monologue ou un cours magistral devant un public silencieux. Que gagne alors notre orateur? Il peut certes avoir une grande maîtrise du sujet mais, dans un débat, l’échange d’idées n’est-il pas primordial? Notre orateur n’aurait-il pas tout à gagner d’être confronté à des arguments différents?

Si la réflexion de cette ado m’a dérangée, c’est que je n’étais pas encore totalement sûre du vocabulaire à utiliser lors des ateliers que j’anime et j’ai compris là toute l’importance de chaque mot. C’est finalement M Sasseville, avec J Hawken, qui explique le mieux la différence entre les différents termes:

Abécédaire en philosophie pour enfants, D pour Dialogue J Hawken et M Sasseville

Ce que je veux partager avec les enfants est justement cette idée qu’en réfléchissant ensemble nous irons plus loin, nous apprendrons tous plus. Alors dialoguons pour être ouverts aux autres et au monde, ce sera le meilleur moyen d’avancer.

mon premier bilan et mes projets

Avec la fin de cette année scolaire, il est temps de faire le bilan de ces premiers mois d’existence.

Si je divise cette analyse en thèmes, j’aimerais commencer par le vécu, sans notions mathématiques mais selon mon ressenti. Ces 10 mois m’ont apporté énormément de plaisir. J’ai d’abord beaucoup appris grâce à mes lectures, mes recherches, l’écoute de conférences… mais aussi grâce aux échanges avec les jeunes qui m’ont permis de remettre en question mes idées, mes pensées, mes envies. Toutes ces rencontres sont enrichissantes aussi d’un point de vue émotionnel. Les jeunes et les adultes qui les accompagnent sont accueillants, motivés, bienveillants, ouverts, curieux, et tellement d’autres choses … Je connaissais toujours l’heure de début mais j’aurais aimé pouvoir poursuivre les ateliers jusqu’à ce que nous nous soyons vidés de toutes pensées.

J’ai donc animé, au cours de ces 10 mois, 38 ateliers dans 9 lieux différents

2 médiathèques, une école pour 2 classes, un centre-aéré, 2 associations, un CHU, un cinéma et … un magasin bio

Pour les ateliers qui se déroulaient à la médiathèque de La Plaine sur mer, nous étions deux co-animatrices, avec Christelle (une autre source de plaisir et d’enrichissement!). J’ai rencontré 156 enfants de 3 à 18 ans et 24 adultes, sans compter les enseignants, animateurs, bibliothécaires qui m’ont accompagnés. En dehors du CHU qui se trouve à Saint-Nazaire, les autres ateliers se déroulaient tous en zone rurale. C’est important pour moi car l’offre est bien moindre qu’en ville mais les moyens sont aussi différents; il est plus difficile de trouver des lieux, les communes ont moins de moyens, le territoire est plus étendu pour une même population à toucher…

Au cours de cette période, j’ai aussi participé aux ciné-débats pour « Le cercle des petits philosophes » dans 3 communes; La Montagne, Pornic et Saint Brévin. Ce fut l’occasion de faire des rencontres et de faire connaître les ateliers.

balade philo à la Plaine sur mer

Maintenant il faut préparer la rentrée car je vais avoir le plaisir de revenir dans les mêmes structures pour retrouver les enfants, les mêmes et d’autres.

Je serai à Vue avec Inst’Enfantastiques un lundi par moi dans les locaux de l’association aux dates suivantes : 14 octobre 25 novembre 09 décembre 06 janvier 03 février 02 mars 30 mars 04 mai 08 juin – De 15h à 16h pour les enfants en IEF – De 16H30 à 17H30 pour les enfants scolarisés.

Tous les mercredis, hors vacances scolaires je serai dans la salle A Mandeville, à Frossay
10H30-11H30 pour les 6/10 ans
14H30-15H30 pour les 11/14 ans

Nous devrions poursuivre les ateliers à la médiathèque de la Plaine sur mer un mercredi par moi avec Christelle et je serai présente un samedi par trimestre à celle de Saint Père en Retz pour les ados et les adultes.

Je retrouverai les jeunes Cinéfilou au Cinéjade de Saint Brévin, les ados du CHU et peut-être les écoliers de Chauvé.

Il reste de la place pour d’autres ateliers, en particulier pour les écoles. J’ai commencé à semer des graines, je vais continuer alors contactez moi si vous voulez que nous fassions éclore un projet ensemble ou si vous voulez vous inscrire à Frossay ou à Vue.

Bel été à tous

des ateliers à Frossay

Mafate NHD
« L’horizon souligne l’infini. » Victor Hugo

Depuis quelques temps, j’ai rejoint plus activement l’équipe d’une association que j’aime beaucoup; Écoute et Partage. Grâce à eux, nous pouvons assister à des conférences ou participer à des ateliers sur la communication bienveillante et le bien-être dans notre petite commune.

Nous préparons activement la rentrée prochaine et, c’est dans ce cadre, que je proposerai des ateliers pour les enfants et les ados.

L’objectif de ses ateliers sera de développer notre pensée, notre esprit critique dans un échange bienveillant propice à un enrichissement mutuel à partir d’un livre, d’un film, d’une photo ou d’un questionnement des enfants. Nous commencerons par une pratique de l’attention pour vivre pleinement cet échange et nous finirons par une synthèse qui pourra être écrite, dessinée… Tout cela en compagnie des philosophes.

Tous les mercredis, hors vacances scolaires, Salle A Mandeville, Frossay

10H30-11H30 pour les 6/10 ans 14H30-15H30 pour les 11/14 ans
5 € la séance, engagement pour un trimestre

Séance découverte gratuite  mercredi 18 septembre 2019

1er trimestre du 25/09 au 18/12  2ème trimestre du 08/01 au 08/04  3ème trimestre du 29/04 au 01/07

N’hésitez pas à me contacter si vous avez besoin de renseignements ou si vous souhaitez inscrire vos enfants ou encore pour connaitre les autres activités proposées (yoga, méditation, sophrologie…) chouettephilosophe@gmail.com

Comment j’ai raté ma vie

ou comment ne pas rater la vôtre, selon Bertrand Santini et Bertrand Gatignol

A première vue, ce titre n’est pas très attirant. Nous recherchons plus souvent des conseils pour la réussir car nous sommes parfaitement capable de la rater seul. Puis, en lisant le nom de l’auteur, j’ai immédiatement pensé que ce livre devait être bien. Je l’ai donc découvert en le lisant à voix haute à Régine Barat qui me l’a confié pour en faire la critique.

Je vous confirme donc que cet album plein d’ironie nous invite à réfléchir à ce qui est important dans notre vie. Quel était notre vision de la vie enfant et qu’en avons nous fait?

Ce livre est une invitation à réfléchir à ce qu’est une vie bonne, eudaimonia, LE sujet que j’aime et qui me fait considérer la philosophie, presque, comme une thérapie.

Éloignons-nous des désirs et apprenons à trouver le plaisir dans une vie simple. Finalement, plus on augmente le champ des possibles et plus nous nous perdons. Plus de consommation, plus de communication virtuelle au détriment de l’essentiel comme d’avoir des rapports humains directs, des plaisirs simples en lien avec la nature.

Lors du forum des associations samedi dernier où je présentais les ateliers philo de la rentrée prochaine, je partageais le stand avec deux charmantes jeunes femmes, l’une sophrologue et l’autre relaxologue. Notre association propose également du yoga donc des activités qui invitent à trouver la quiétude et le bien-être, autant que possible. J’ai pu constater que nos activités rencontraient un fort succès et que les visiteurs, quelque soit leur âge ou leur sexe, cherchent des moyens de s’apaiser en partageant des activités qui invitent à se recentrer sur l’essentiel.

En attendant d’utiliser cet album pour introduire un débat, je vous invite à lire la critique sur le site de Contalyre et d’en partager la lecture avec les enfants.

Lors des projections du « Cercle des petits philosophes »…

Si vous ne l’avez pas encore vu, ce film présente des ateliers de philosophie animés par Frédéric Lenoir dans 2 classes de la région parisienne.

On y voit des bribes de débats qui nous montrent bien l’intérêt d’organiser de tels ateliers. Les enfants peuvent avoir un regard profond sur le monde et sur nos existence si on leur donne l’occasion de s’exprimer mais ils sont aussi imprégnés très tôt par la violence et les difficultés qu’ils observent autour d’eux.

Des petites tranches d’intimité des enfants nous dévoilent le prolongement de ces réflexions en dehors de la classe et ce besoin de s’interroger et de comprendre, chez l’enfant, lorsqu’il se sent écouté.

Cécile Denjean a réalisé un beau film où les images et la musique enveloppent les dialogues d’une douce atmosphère introspective.

Depuis sa sortie, j’ai participé aux échanges dans 2 cinémas de la région et c’est avec grand plaisir que je constate l’intérêt du public pour le sujet. Tout le monde souhaite voir de tels ateliers se développer à l’école et en dehors pour toucher tous les enfants, car bien qu’ils soient présents dans les programmes scolaires depuis 2015, ils ne sont pas toujours mis en place ou pas régulièrement. Les enseignants ont déjà de très nombreux sujets à développer avec les enfants, il leur est donc difficile, je pense, de tout développer. Mais il est incontestable que nous devons aider les enfants à développer ce pouvoir pour former des citoyens critiques et conscients.

J’ai la chance d’animer des ateliers dans différents sites (école, médiathèque, CHU, association d’enfants scolarisés à la maison,centre aéré, par exemple), je constate à chaque fois le plaisir des enfants à partager leurs réflexions mais aussi à être écoutés par un adulte guidant, sans jugement. A l’école, le fait que je ne sois pas l’enseignant met les enfants dans une posture différente, ils ne sont plus apprenants mais co-constructeurs de la réflexion qui va les amener à trouver des réponses (ou des débuts de réponses) à des sujets qui les touchent. Je suis donc persuadée que nous avons un rôle important à jouer maintenant pour l’avenir de nos enfants.

Donc, si vous n’avez pas encore vu le film, il y a certainement une projection proche de chez vous prochainement, les dates sont ici .Quant à moi, je serai avec Michel Calvez au Cinéjade à Saint Brévin (44) le vendredi 7 juin à 20h

https://www.saint-brevin.com/le-cercle-des-petits-philosophes.html

1 km fait-il bien 1 km?

Piton de la Fournaise, avril 2019

La marche est une activité idéale pour réfléchir, j’ai pu l’expérimenter pendant nos magnifiques randos à la Réunion en avril dernier. Parfois, le thème de ma réflexion était lié à l’expérience que je vivais.

Nous nous levions tôt pour ne pas souffrir de la chaleur et pouvoir faire nos 15 km de marche et 900m de dénivelé avant midi. Sur la carte cela semble facile, vu du départ, l’ensemble est tellement beau que l’envie est plus forte que la raison et puis il y a la marche… Mes hommes (fils et mari) marchaient d’un bon pas, comme d’habitude, le mien étant moins alerte (mais efficace!). De là est née mon interrogation: un kilomètre est-il identique pour chaque personne?

Bien sûr, scientifiquement, il est possible de mesurer un kilomètre qui sera égal à n’importe quel autre dans le monde. Mais quelle vérité a ce kilomètre en dehors du ressenti de celui qui le parcours? Alors, il devient différent selon la personne. Savoir qu’un parcours mesure 2 km n’aura donc pas la même signification pour chacun or le but de cette information n’est-elle pas de nous permettre de nous organiser pour parcourir cette distance? Cela ressemble à la nouvelle information que les météorologues nous donnent; température 20° ressentie 18°.

Donc, je pourrais dire avec les empiristes qu’une rando de 15km en montagne est très longue car cette connaissance me vient des sensations que j’ai accumulées lors de différentes expériences. C’est la perception que j’en ai bien que cette distance soit identique en montagne ou sur un chemin plat.

Cela signifierait qu’une chose est différente selon la perception de chacun, il lui faut donc une existence propre sinon elle n’existe pas. Notre raison, selon Descartes nous permet de distinguer l’essence des choses. Un kilomètre est identique partout mais je vais le percevoir différemment selon le lieu.

C’est Husserl qui nous éclaire en disant que les choses se donnent à nous par esquisses. J’ai conscience de l’existence de ce kilomètre mais ma perception, de par les expériences que j’en ai eu, créé différentes esquisses que ma conscience va relier à l’objet.


« Ce n’est pas une propriété fortuite de la chose ou un hasard de notre constitution humaine que notre perception ne puisse atteindre les choses elles-mêmes, que par l’intermédiaire de simples esquisses. »

Edmund Husserl

Heureusement, le plaisir de la marche et la beauté des paysages m’ont fait oublier la longueur des kilomètres.

S’unir c’est se mélanger…

… une histoire de poules. De Laurent Cardon aux éditions du Père Fouettard

S’unir c’est se mélanger, L Cardon Ed du père Fouettard

Panique au poulailler, le coq blanc à disparu. C’est certainement le renard. Une poule rousse manque également à l’appel mais toutes les poules noires sont présentes. Il faut agir avant une nouvelle attaque. Les 3 groupes discutent longuement sur l’organisation pour qu’aucun d’entre eux ne se sente lésé. Mais il n’est pas facile de se mettre d’accord.

Une belle façon de parler de démocratie aux enfants avec beaucoup d’humour et une chute hilarante.

A utiliser avec des enfants à partir de 7 ans pour un débat mais bien avant pour le plaisir et surtout longtemps après.

http://www.perefouettard.fr/editions/livre.php?book=12