Ateliers philo et école dehors

Un atelier philo avec les enfants dans un parc, ça change tout.
Depuis le début de l’année, j’intervenais à l’école Saint Marc, à Saint Jean de Boiseau. Après les classes de CE1-CE2 et CM1-CM2, j’ai terminé lundi avec la classe de CP-CE1.
Nous nous étions concertées avec les enseignantes sur les grands thèmes dont elles avaient envie pour les élèves en restant ouverts à leurs demandes pour les 6 ateliers de chaque classe. Pour terminer le cycle, l’enseignante de la classe de CP-CE1 souhaitait que les ateliers se déroulent pendant les temps de classe dehors. J’ai vu l’opportunité de discuter de la nature à cette occasion.

Nous nous sommes donc retrouvés 2 lundis de suite dans ce beau parc, sous les arbres de la forêt et accompagnés par la chorale des oiseaux.
Notre environnement a été la base de notre réflexion : des arbres, des végétaux, des oiseaux, des insectes… et des structures, un château, un bassin. Il y avait aussi des sons, le chant des oiseaux, les insectes et des parfums, en particulier celui de la bouse de vache. Si nous ne pouvions pas les voir, nous savions ainsi qu’elles n’étaient pas loin. Ainsi, petit à petit, les enfants ont distingué ce qui se crée seul et ce qui est construit par les humains. La nature et la culture dans un même lieu, avec quelques éléments nous permettant d’affiner notre observation : les structures de sport sont faites en bois mais, si les matériaux viennent de la nature, le bois a été ici coupé et assemblé par les humains. Un élève a qualifié ce qui est naturel d’être normal. Il fallait approfondir cette idée. Tâche difficile. c’est normal parce que ça se fait seul, sans s’arrêter.

Nous trouvons tout ce dont nous avons besoin dans la nature, notre nourriture, même si elle est transformée et les matériaux que nous utilisons pour fabriquer de nombreux objets. Alors la question qu’il nous restait à traiter était : l’humain fait-il partie de la nature ? oui général, parce qu’il se reproduit comme certains animaux mais il ne vit plus à l’état sauvage.

Pour le deuxième atelier, nous avons commencé par la lecture de l’album L’Ours qui avait une épée, de Davide Cali et Gianluca Foli, ed. Rue du Monde.
Cet ours a une épée très tranchante qu’il essaie en coupant tous les arbres de la forêt. Un peu plus tard, sa maison est détruite par un torrent. En cherchant le coupable, il découvre un enchaînement de catastrophes jusqu’à arriver à la forêt qu’il a détruite.
Et si nous coupions tous les arbres nous aussi ? Nous ne pourrions plus respirer, nous aurions trop chaud parce qu’il n’y aurait plus d’ombre. Les animaux n’auraient plus de maisons et si nous les accueillons dans nos maisons, ce ne serait pas adapté pour eux.
Grâce à nos précédents ateliers, nous avons vu une forme de collaboration entre les végétaux, les animaux et le humains. Nous avions aussi discuté des règles, dont celles qui invitent à se respecter, à bien vivre ensemble. Nous avons donc terminé en imaginant les règles qu’il faut respecter pour bien vivre avec notre environnement.

Ces deux ateliers ont été fort intéressants parce que les enfants ont pu utiliser tous leurs sens pour réfléchir. C’est un lieu et un temps qu’ils apprécient beaucoup, ils étaient bien alors même les plus timides se sont exprimés. Avant de nous quitter, je leur ai demandé ce qu’ils pensent de la classe dehors : « on se sent bien », ça nous fait du bien d’être dans la forêt », « on apprend plein de choses grâce à la nature »…

Grand merci aux enseignantes et aux élèves pour leur accueil, pour nos temps de réflexion partagés et particulièrement pour ces 2 dernières séances.

Publié par chouettephilosophe

Ateliers de discussions à visée philosophique avec des enfants

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