

Les Porteuses d’eau, Sasha Bonét
traduit par Valérie Le Plouhinec
éditions Les Léonides, 2026
Voici le livre que j’ai présenté lors de l’apéro littéraire organisé le 15 octobre dernier à la médiathèque. J’ai choisi ce livre parce qu’il m’a touché en tant que petite fille et en tant que mère. Mais avant, je dois vous en dire un peu plus.
Les porteuses d’eau sont les femmes qui donnent la vie, comme un fleuve permet la vie grâce à l’eau qu’il charrie. Ces femmes, à travers les générations successives, sont comme le fleuve qui se ramifie en affluents.
Les femmes qui entourent Sasha Bonét sont des mères célibataires noires américaines. Elles ont choisi d’élever seules leurs enfants pour se libérer d’hommes fuyants ou qui les renvoient à un rôle exclusif de mère et d’épouse, non de femme. Alors malgré les difficultés elles forment une sorte de communauté autour de la grand-mère. Une communauté qui se soutient et qui partage de l’amour à sa façon. Parce que les enfants ne trouvent pas toujours les marques de tendresse qu’ils souhaiteraient, ils grandissent dans un univers violent. Les mères se battent avec dignité contre la pauvreté et les brimades pour élever des filles fortes, pour les préparer à affirmer leurs droits au respect et à la liberté.
Ce livre, entre biographie et essai est une réflexion sur la transmission de génération en génération. Cette histoire familiale qui véhicule du racisme et de la violence, l’autrice, devenue mère, se demande si il est possible de s’affranchir de ce lègue. Peut-on échapper à son histoire pour offrir un autre regard sur le monde à nos enfants ?
Cet hommage sans concession aux mères noires américaines parle de toutes les mères et invite à porter un regard bienveillant sur toutes ces femmes.
Voilà un livre qui invite à penser dont je vous recommande la lecture.