

Pour l’atelier philo que j’ai animé lors du festival Tintamarre et Charivari de cette année j’avais choisi le thème des histoires dans nos vies. En avons nous besoin ? Qu’est-ce qu’elles nous apportent ?
Ce thème, qui m’a été inspiré par un sentiment personnel ressenti face à l’afflux de « stories », semble avoir touché bien d’autres personnes puisque est paru cette année le livre de Byung-Chul Han, La crise dans le récit, chez PUF, ainsi que le numéro du magazine Sciences Humaines du mois de mai sur ce même thème des récits dans nos vies.
Lorsqu’on parle des histoires et des récits, on pense en premier aux histoires qu’on lit, aux histoires qu’on raconte, mais il y a aussi les histoires qu’on se raconte, les histoires qu’on se transmet et les histoires qui nous aident à nous construire, à construire une identité. Elles y participent même si elles ne sont pas les seuls éléments. Mais le philosophe Han a fait ressortir un point important : une histoire s’inscrit dans une durée alors que les « stories » que nous partageons aujourd’hui sur les réseaux ne sont que des extraits d’un instant qui ne s’inscrivent dans aucune durée. En outre, elles se tourne plutôt vers l’égocentrisme alors que les récits doivent s’ouvrir sur l’altérité et se partager dans un commun, propre à une société quelle qu’elle soit.
Donc en effet nous avons besoin d’histoires, de récits, de mythes, de contes et de l’Histoire pour nous construire et pour faire société. Mais ce partage semble en crise aujourd’hui entre, d’une part, instantanéité et un côté égocentrique, de l’autre. Nous perdons ce lien qui nous relie et c’est dans ces moments de crise que certains peuvent être amenés à adhérer à une propagande qui va leur promettre un récit à partager.
Alors comment remédier à ce problème ? J’ai forcément quelques idées mais pas de réponse sûre. Nous sommes nombreux je pense à en avoir sinon nous ne partagerions pas ce souhait de développer la pratique philosophique, ce temps de réflexion collaborative qui nous permet de construire du sens ensemble. De mettre nos récits en commun.
J’ai quelques projets pour la rentrée qui permettront de travailler autour des récits, de partout, en collaboration avec d’autres personnes qui ont conscience de l’importance de ces histoires. Alors, pour le moment, c’est le temps des vacances, le temps de construire des histoires avec les gens que nous aimons ou avec des personnes rencontrées au hasard des chemins. Je vous souhaite donc de faire de belles rencontres et de construire de beaux souvenirs pour alimenter vos récits futurs.
A lire :
La Crise dans le récit, de Byung-Chul Han, éditions PUF
Pourquoi avons-nous besoin de récits ? numéro 378 du magazine Sciences Humaines









