De la consommation.

En faisant le choix d’animer des discussions à visée philosophique, j’ai envie, comme le colibri de la légende, d’apporter une petite aide pour développer un peu plus d’humanité. Aider à prendre conscience qu’il est bon de réfléchir ensemble aux sens de la vie et de nos actes.

Cette réflexion fait parti, plus globalement, du développement durable dans son sens premier, c’est à dire incluant l’humain. L’écologie ne semble parfois être que dans des gestes visant à protéger la nature, végétale et animale, en oubliant notre appartenance à cette nature.

En convalescence, devant la télévision, j’ai été dérangée par une, entre autre, publicité pour une chaine de magasins se vantant de vendre à très bas prix.

Bien sûr, lorsqu’on a un budget serré et que l’on nous propose, comme se fut le cas cet été, des aubergines d’Espagne à moins d’un euro le kilo, l’envie peut être grande d’emplir son congélateur. Dans notre jardin, nous avons une petite serre où nous avions planté des tomates, des poivrons, des aubergines…Elles étaient belles de l’attention que nous leurs portions, un peu tordues, pas très grosses, mais nous avons surtout pu observer le temps nécessaire pour qu’elles arrivent naturellement à maturité et les soins que nous avons dû leur prodiguer.

Une réflexion n’est pas que philosophique, elle doit aussi être un peu (beaucoup?) pragmatique. Comment les aubergines de ce magasin peuvent-elles être vendues à un prix aussi bas en tenant compte du temps nécessaire à leur croissance? En y ajoutant des produits pas du tout naturels qui vont augmenter leur rendement. Comment rémunérer convenablement les jardiniers? On découvre vite, si on s’en donne la peine, que des migrants sont exploités pour ce travail; après avoir vécu l’enfer pendant leur voyage pour fuir l’enfer. Comment payer le transport de ces légumes jusqu’à nous? En sous traitant ce service à des routiers de l’est de l’Europe parce que leurs salaires sont plus bas.

Conclusion, pour avoir des aubergines insipides en grande quantité, il faut : – polluer la terre et les plantes, donc nous, pour avoir un grand rendement. – il faut exploiter des hommes rescapés de l’enfer de la Méditerranée. – il faut exploiter des routiers loin de chez eux pour un salaire dont nous ne voudrions pas. Est-il facile de se donner bonne conscience en disant que cela donne du travail à des gens qui en ont besoin. Que cela nous permet de faire manger nos 5 fruits et légumes à nos familles avec un budget serré….

Dans notre campagne, comme certainement dans toutes les campagnes, un agriculteur en bio vend sa production directement à la ferme 2 fois par semaine. Tout le monde passe un bon moment lors de ces ventes à échanger sur la façon de cuisiner les légumes proposés, sur le temps et l’impact sur la croissance des plantes, sur les dernières animations culturelles qui se sont déroulées dans les communes voisines. Vincent aime nous parler de son travail. Son nouveau travail puisqu’il est arrivé là suite à une reconversion professionnelle. Il est passionné et il aime aussi nous faire découvrir les produits des autres producteurs locaux; pain, fromage, farine… Les aubergines coutent plus de 3 euros le kilos et il ne roule pas sur l’or bien qu’il travaille dur.

Certes, pour le prix d’un kilo d’aubergine dans cette ferme, j’en aurais eu plus de 3 dans ce magasin « préféré des consommateurs » selon la publicité. Mais, mes aubergines ont le goût du temps passé à la ferme à discuter avec des consommateurs heureux, des échanges avec un agriculteur et des consommateurs qui agissent en bonne conscience. Celle que l’on a quand on fait quelque chose de bien pour la nature et pour les hommes, donc pour nous.

Tout ça c’est bien, mais quel est le rapport avec la discussion à visée philosophique? Avec les enfants, nous avons réfléchi ensemble sur l’amitié, le bonheur, la violence, le partage, le civisme… Il ressort de ces échanges un véritable altruisme installé au fond de chacun qui à besoin de très peu d’efforts pour ressortir. Malheureusement, cette belle qualité semble ne plus s’appliquer lorsqu’il s’agit de consommer. Comme les Gremlins lorsqu’ils mangent après minuit !

Gremlins


A l’occasion du Black Friday, j’avais partagé une vidéo d’un jeune homme dont la page FB s’appelle « Partagez C’est sympa ». Il invite à se poser quelques bonnes questions avant d’acheter. C’est clair et humoristique mais comment acheter du superflu pas très responsable après réflexion.

Alors certes, c’est facile d’être moralisateur derrière son clavier quand on a des bananes (bio) dans sa cuisine. Il y a des produits qui viennent obligatoirement de loin et qui ont donc un mauvais impact sur la planète. Mais nous pouvons tous changer notre façon de consommer moins pour consommer mieux. Ce n’est pas philosophique, c’est le bon sens de nos grands parents. C’est ce que Friedrich Schumacher a développé en 1973 dans « Small is Beautifull », repris en 2018 par Satish Kumar dans « Pour une écologie spirituelle ». Il s’agit de faire notre possible pour arrêter de détruire la planète de nos enfants. Il s’agit de se demander comment consommer bien avec notre budget au lieu de se demander comment nous aimerions consommer du superflu si nous avions les moyens des autres, plus privilégiés, parce qu’il y aura toujours quelqu’un qui aura quelque chose de plus que nous. C’est donc apprendre à se contenter de ce que nous avons au lieu de développer des désirs qui font notre malheur. C’est arrêter d’attendre que les autres (politiques, industriels…) fassent le premier pas en pensant que nos actes sont inutiles.

Je vous souhaite donc à tous une année 2019 pleine de bon sens et d’altruisme où nos actes nous ouvriront la voie vers une vie meilleure.

L’important n’est pas de vivre mais de vivre bien. Socrate

Aidez nous à organiser des ateliers

Suite à l’atelier philo organisé au magasin Bio’Zitive de Sainte Pazanne, les gérants et moi aimerions avoir quelques renseignements pour mettre en place des ateliers pour enfants réguliers.

Je vous ai préparé un petit questionnaire auquel vous pouvez répondre par mail ou directement au magasin. Si vous êtes intéressé pour vos enfants, parlez en autour de vous car il faut au moins 10 enfants pour mettre en place une série de 6 ateliers (un par mois de janvier à juin).

A bientôt chez Bio’Zitive

Partager, ça fait plaisir!

Voici la première pensée d’une petite fille lors de l’atelier que j’ai animé mercredi au magasin Bio’Zitive.

J’avais choisi de lire l’album Poulet Pizza de Philemon Sturges, version « partage de pizza » de la petite poule rousse. Après tout, nous étions là à l’invitation des gestionnaires du magasin pour partager leur premier anniversaire. Alors oui, pour les enfants, partager ne fait rien perdre mais uniquement gagner, du plaisir, de la connaissance, du service… J’ai eu beau me faire l’avocat du diable en démontrant que, selon les mathématiques, partager c’est diviser en plus petites parts. Oui mais cela ne fonctionne que pour la nourriture donc il faut être plusieurs et profiter ensemble de ce plaisir… partagé. Les enfants ont également réfléchi au partage des transports pour aller à l’école qui est bon pour la planète et rend le trajet plus sympa avec des copains, le partage des savoirs qui permet d’aller plus loin…

Bref, ces enfants âgés de 7 à 11 ans ne voient dans le partage qu’un enrichissement. C’est d’ailleurs ce que nous avons vécu en partageant ce moment.

Nous avons fini en réalisant des affichettes pour souhaiter un bon anniversaire à l’équipe du magasin et pour donner un petit aperçu aux parents de ce que nous avions fait.

Nous avons maintenant tous très envie de partager d’autres discussions, alors faites le savoir au magasin, ils sont prêts à nous accueillir.

« Cher Donald Trump »

Je ne me lance pas dans un message pour M Trump, je souhaite simplement partager ma lecture de l’album de Sophie Siers, illustré par Anne Villeneuve, aux éditions Alice jeunesse.

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Il est parfois difficile de vivre ensemble entre frères partageant la même chambre. C’est ce qu’explique Sam dans les lettres qu’il envoie à Donald Trump. Il aimerait lui aussi construire un mur pour le séparer de ce frère envahissant.

Bien sûr, cet album présente le sujet avec de belles touches d’humour dans les illustrations et dans le texte mais cela ne rend pas le sujet moins important; quelle modèle de vivre ensemble donnent certains adultes aux enfants? Il semble plus facile de mettre une barrière entre des êtres plutôt que de communiquer pour chercher des solutions. En famille ou avec des amis, il est pourtant possible de faire des efforts pour vivre ensemble et être plus tolérants les uns avec les autres, Sam découvre combien il y gagne sans rien perdre. Il apprécie par exemple la présence rassurante de son grand frère lorsqu’il fait un cauchemar.

En tant qu’adulte, j’aime beaucoup l’idée que nous devons incarner ce que nous voulons transmettre ou partager. Lorsque nous sommes ouverts et accueillants, ne recevons nous pas un accueil chaleureux? Si nous pouvons agir sur notre comportement, nous devons aussi être attentifs aux autres exemples que les enfants voient. Heureusement, il reste la discussion à visée philosophique pour développer son esprit critique et l’espoir qu’ainsi, les hommes chercheront d’autres solutions que de vouloir construire des murs…

 

Un atelier philo chez Bio’Zitive

Il y a quelques temps, j’ai reçu un message des dirigeants, Isabelle et Bruno, du magasin de produits biologiques Bio’Zitive à Sainte Pazanne. Ils me demandaient si je serais d’accord pour animer un atelier philo à l’occasion de leur premier anniversaire mais ils étaient inquiets de savoir si je considérais ce lieu comme propice pour de tels ateliers.

La discussion à visée philosophique a pour objectif de développer la pensée critique tout en étant à l’écoute respectueuse des arguments divergents des différents participants. Cette réflexion favorise l’émergence de citoyens ouverts d’esprit et responsables.

Ce magasin a pour éthique de proposer des produits respectueux de l’environnement et des êtres qui les ont produits, de favoriser la formation des consommateurs en proposant régulièrement des ateliers ou des animations pour protéger l’environnement comme lors de la participation à « un jour pour nettoyer la planète ». Il me semble donc évident qu’un atelier à visée philosophique a sa place dans ce magasin (enfin dans une salle au calme).

La sur-médiatisation du « Black friday » et de Noël et leurs achats compulsifs me donne encore plus envie d’animer cette discussion. Quel que soit le sujet que nous choisirons, la nature, le bien ou le mal, le beau ou le laid, qui suis-je?, les émotions, le respect… tous nous permettront d’être aussi des consommateurs responsables.

En conclusion, je me prépare avec joie pour cet atelier et je suis reconnaissante à Isabelle et Bruno de m’avoir invitée et j’espère que nous pourrons organiser des ateliers réguliers.

Donc, rendez-vous mercredi 5 décembre à 17h (pour les enfants de 6 à 12 ans, 15 places)

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Quand Baloo inspire les enfants

La véritable sagesse consiste à ne pas s’écarter de la nature, mais à mouler notre conduite sur ses lois et son modèle.

Sénèque

Hier, nous animions, ma collègue Christelle et moi, la première séance avec les enfants à la médiathèque de la Plaine sur mer.

Cet atelier regroupe des enfants de 5 à 12 ans. Puisque nous allons nous retrouver régulièrement, cette première rencontre était consacrée à faire connaissance, découvrir ce qu’est une discussion à visée philosophique, pratiquer un temps de pleine conscience et choisir notre sujet de discussion à partir de la vidéo de Baloo chantant combien il en faut peu pour être heureux.

Nous avions visionné cette vidéo avec attention afin de trouver le plus de thèmes possible, le premier venant à notre esprit étant le bonheur. L’écoute de cette chanson mais tout le monde en joie, nous nous attendions donc à cette évidence… pour nous.

Or, les enfants nous étonnerons toujours (quand on se donne la peine de les laisser s’exprimer et de les écouter ce qui est notre tâche!). Donc, Baloo est heureux certes, mais c’est parce que la nature lui offre tout ce dont il a besoin.

Conclusion, après un vote en bonne et due forme, nous réfléchirons à cette belle Nature la semaine prochaine.

Voilà une pensée que nous devrions mettre au centre de nos vies, « il faut se satisfaire du nécessaire… ». Une de mes dernières lectures développe cette idée de retour à l’essentiel, elle est soutenue par Satish Kumar dans son dernier livre « Pour une écologie spirituelle » 

L’auteur y présente sa vision d’un respect de la Nature,donc incluant l’humain, tiré, en grande part, de la philosophie hindouiste ainsi que les idées de son ami, l’économiste  Ernst Friedrich Schumacher, qu’il avait lui-même développé dans « Small is beautifull ».

Je suis donc heureuse et curieuse d’écouter les enfants dimanche prochain…

 

Qu’est ce que la guerre?

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Les classes de CE2/CM1 et de CM1/CM2 de l’école du Parc à Chauvé ont souhaité participer à un atelier sur la guerre en lien avec les commémorations du 11 novembre.

J’ai lu, en introduction, l’excellent album de Davide Cali et Serge Bloch, L’ennemi (éditions Sarbacane, une nouvelle édition arrive bientôt!!). Cet album présente très bien l’état d’esprit d’un soldat qui n’avait pas envie d’être là, qui a été manipulé, puis qui prend conscience que l’ennemi n’en est pas un. Juste un homme comme lui.

Certes, l’histoire induit la discussion mais les enfants ont aussi vite fait le rapprochement avec d’autres formes de violences (physiques et verbales) et le manque de respect pour celui qui est agressé. Nous avons également parlé du courage nécessaire pour faire renaître le dialogue vers la paix. Une discussion enrichissante et à répéter aussi souvent que possible.

Donc, si l’actualité de ce week-end vous donne envie de poursuivre la réflexion, je vous invite à lire cet album, et surtout, à y réfléchir ensemble.

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