Le petit Prince et la Fileuse de brume

Le Petit Prince est reconnu pour être un conte dont on sait difficilement s’il est pour enfants ou pour adultes. Pour les deux, certes, mais trop long pour les plus jeunes et avec un style que des adultes trop sérieux ne considèrent pas adapté pour eux.

Mais, quoi que nous en pensions, nous le lisons et relisons puis nous le partageons avec nos enfants, alors quoi de mieux qu’un bel album au texte accessible aux plus jeunes, sans être simpliste, pour redécouvrir le Petit Prince, lové dans un canapé.

Agnès de Lestrade et Valeria Docampo nous offrent cet album,aux éditons Alice

Il ne s’agit pas d’une énième version mais, comme l’indique la couverture, d’un petit prince « raconté par ». Les deux artistes nous donnent leur version avec leur poésie propre sans dénaturer la version originale. Les sentiments et les caractères des personnages sont transmis au lecteur par les magnifiques illustrations avant même de commencer la lecture.

Ce duo, toujours aux éditions Alice, nous offre également La fileuse de brume. L’histoire d’une petite fille triste d’être loin de son père. Le texte, plein de douceur et de poésie se fond dans les illustrations comme dans la brume. Certaines page, pour renforcer cette impression de brume, sont imprimées sur papier calque. Les illustrations se superposent et le touché est soyeux. Valeria Docampo présente ses illustrations sur son site : https://valeriadocampo.com/lapetitefileuse en attendant d’avoir le livre entre les mains.

Voici donc deux nouveautés qui feront de très belles introductions pour des discussions à visée philosophique!

 

Halte, on ne passe pas!

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J’ai reçu une commande d’atelier pour une classe sur le thème : civisme/désobéissance civile. Pour introduire ce thème, j’ai immédiatement pensé à l’excellent album Halte, on ne passe pas! d’Isabel Minhos Martins, illustré par Bernardo P. Carvalho aux éditions Notari.

le pitch : Un soldat interdit aux personnages de passer sur la page de droite du livre, sur ordre de son général qui se la réserve pour entrer dans l’histoire quand il le souhaitera. Étonnement, incompréhension, les personnages ne comprennent pas cette loi absurde.

Une foule, pleine de personnages hétéroclites, se masse devant ce pauvre soldat qui obéit aux ordres jusqu’à ce qu’un événement anodin pousse les protagonistes à agir.

Même si nos lois ne sont pas aussi absurdes que l’exemple de cet album, il est intéressant d’apprendre à réfléchir aux lois ou aux règles, à leurs conséquences, à avoir  un esprit critique tel que la discussion à visée philosophique le développe. L’histoire nous offre des exemples d’hommes ayant changé le cours de l’histoire en désobéissant: Gandhi, Martin Luther King, Nelson Mandela… Plus récemment, des bénévoles qui enfreignent la loi pour venir en aide aux réfugiés font régulièrement parler d’eux aux actualités. Pour en parler avec les enfants, voici un article paru dans Un jour, une actu https://www.1jour1actu.com/france/dans-les-alpes-les-habitants-se-mobilisent-pour-les-migrants-15054/

J’ai hâte de partager cette discussion avec les enfants. Si le sujet vous attire, l’album Halte, on ne passe pas! est en cours de réimpression, réservez le pour sa sortie en janvier 2019, non seulement le sujet pousse à la réflexion, mais les illustrations sont pleines de détails humoristiques. Grand merci aux éditions Notari

 

Est-ce que c’est bien la liberté?

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J’ai animé un atelier à partir de l’histoire de la Chèvre de monsieur Seguin avec une classe de CM1.

Après la lecture, voici une partie des questions posées par les enfants :

  • Est-ce que c’est bien la liberté?
  • Est-ce qu’être enfermé, c’est la sécurité?
  • Que signifie la corde? (celle avec laquelle Blanchette est attachée dans la champ)
  • Auraient-ils pu discuter pour trouver un arrangement? M Seguin aurait-il pu lui expliquer autrement?
  • Que représente la montagne pour Blanchette?
  • Est-ce qu’elle trouve le bonheur dans la montagne?
  • Pourquoi se bat-elle alors qu’elle sait qu’elle va mourir?

Les enfants avaient très envie de parler de la liberté mais j’ai été surprise de constater que, malgré leur jeune âge, ils en avaient une idée très sombre. Elle leur semble néfaste car les désirs des hommes les poussent à aller trop loin s’ils ne rencontrent pas d’obstacle, de limite. Leur première conclusion était que trop de liberté fini mal, punition, prison…

Heureusement, Monsieur Seguin et sa corde nous ont permis de faire un parallèle avec les règles et les lois qui, certes, nous enlèvent quelques libertés mais cela nous permet de mieux jouir de celles qu’il nous reste. Nous n’avons pas tous les mêmes libertés, selon la région du monde où nous sommes nés, mais le plus important est d’être conscient de ce dont nous pouvons jouir et d’en profiter.

Les enfants, lors d’une discussion à visée philosophique, sont étonnants et enrichissants. Cet atelier en classe à permis à l’enseignant et à moi, qui les côtoyais régulièrement à la bibliothèque, de découvrir les enfants sous un autre jour en leur donnant la possibilité de s’exprimer.

Je remercie Olivier, directeur et enseignant à l’école du Parc de Chauvé, de m’avoir accueilli dans sa classe. J’espère que nous pourrons renouveler cette belle expérience.

 

Du bonheur

Voici le sujet de notre première discussion à visée philosophique et, selon moi, la plus belle preuve de l’intérêt de développer notre esprit critique grâce à la philosophie.

Alors que les livres, les applications, les conférences… se multiplient pour nous mener sur la voie du bonheur, la philosophie, depuis l’Antiquité, en a fait son but.

Bien sûr, des philosophes comme Kant ou Schopenhauer ont dépeint la recherche du bonheur comme un travail dur et austère, nécessitant une grande discipline. Cependant, tous, je pense, s’accordent sur le fait qu’une bonne connaissance de ce qui est bon et nécessaire pour nous est le premier pas. Ensuite, qu’il faut apprendre à savourer ce qui nous est nécessaire et ne plus désirer ce qui l’est moins ou pas, même si cela nous apporte des plaisirs fugaces.

Il semble alors qu’il devait être plus facile d’atteindre le bonheur dans l’antiquité, lorsque les hommes n’étaient pas submergés par des informations ou des objets superflus. Pourtant, Épicure (341 – 270 av J.C.) avait déjà classé les désirs en 3 catégories :

  • les désirs naturels et nécessaires
  • les désirs naturels non nécessaires
  • les désirs non naturels et non nécessaires

Si les premiers sont faciles à trouver et vitaux, nous pouvons nous passer des suivants, voire les éviter pour les derniers. Donc cela signifie que les contemporains d’Épicure devaient être soumis à des sollicitations séduisantes mais superflues.

Faisons un saut dans le temps pour retrouver le petit cadeau caché dans le baril de lessive ou, encore aujourd’hui, le jouet dans l’œuf en plastique. la lessive lavait-elle mieux? Le chocolat est-il bon? Nous oublions parfois l’objet principal au profit du petit plaisir que procure la surprise de découvrir le « cadeau ». Aujourd’hui nous découvrons des informations alarmantes sur les méfaits de la surproduction du plastique. Ces petites surprises ont maintenant un goût amer.

Nos sens sont tellement sollicités que nous en oublions l’essentiel; reconnaître ce que nous avons et dont nous avons besoin et ne plus nous laisser séduire par des plaisirs éphémères. Donc, pour être heureux, cherchons à nous connaître et à faire ce qui est le mieux pour nous, nous disent les philosophes. Cela semble bien égoïste.

Pourtant, selon Spinoza ou Montaigne, il n’en est rien. Dans l’Éthique, Spinoza nous dit:

« Quand chaque homme cherche le plus ce qui lui est utile à lui-même, alors les hommes sont le plus utiles les uns aux autres. »

Notre bonheur est contagieux car si nous respectons nos besoins naturels, qui sont certainement très semblables aux besoins des autres, nous aurons une vie plus vertueuse donc meilleure pour tous. Pour la Nature également comme je pense en avoir la confirmation dans le dernier livre de Satish Kumar que je viens de commencer.

En conclusion, pourquoi commencer par ce thème? Il démontre tout l’intérêt de développer l’esprit critique pour ne pas être les esclaves des informations et des sollicitations qui abondent. S’entrainer à raisonner pour définir ce qui est bon pour nous, et ainsi pour tous. Alors suivons le grand philosophe Baloo

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Est-ce bien vrai?

Pendant le parcours SEVE,  nous travaillons aussi sur la communication bienveillante, l’attention à porter aux émotions… tout cela facilité par des intervenants qui incarnent parfaitement ce qu’ils nous transmettent.

Je vous fais juste une liste rapide de ceux que j’ai eu le plaisir de rencontrer, j’y reviendrai certainement plus tard :

Marie-Jeanne Trouchaud pour commencer : http://www.marie-jeanne-trouchaud.fr/

Sybille Allemand http://www.s-teamsolutions.fr/index.html

Ilda Coppa et son magnifique travail avec les enfants http://www.ilda-coppa.com/

Nathalie Brochard, dont j’espère que le film documentaire « Enfants hypersensibles, un présent pour l’avenir » sortira bientôt, https://www.nathaliebrochard.com/

Tout cela pour vous parler de ma lecture du petit déjeuner!

Un album sur les vilaines pensées qui nous envahissent;

Parmi mes lectures en littérature jeunesse pour préparer des supports d’ateliers, je viens de lire « Tigrou-Tigrou, est ce bien vrai? » de Byron Katie, illustré par Hans Wilhelm (Merci à Régine « Contalyre » pour ce prêt)

Synchronique éditions

Ce pauvre Tigrou est morose car il pense que personne ne l’aime. Une sage tortue va l’aider à retourner ses pensées, à faire la travail que présente Byron Katie dans ses livres ou sur son site, mais ici très bien adapté à de jeunes enfants.

Voilà donc un album adapté, pour les plus jeunes (à partir de 4 ans), pour aider à démêler des situations compliquées ou à apprendre comment chasser les pensées négatives.

Je peux donc retourner maintenant à mes lectures, la tête pleine de pensées positives….

Un atelier pour les parents à la médiathèque de la Plaine sur mer

« Même jeune, on ne doit pas hésiter à philosopher. Ni, même au seuil de la vieillesse, se fatiguer de l’exercice philosophique. Il n’est jamais trop tôt, qui que l’on soit, ni trop tard pour l’assainissement de l’âme. Tel, qui dit que l’heure de philosopher n’est pas venue ou qu’elle est déjà passée, ressemble à qui dirait que pour le bonheur, l’heure n’est pas venue ou qu’elle n’est plus. Sont donc appelés à philosopher le jeune comme le vieux. Le second pour que, vieillissant, il reste jeune en biens par l’esprit de gratitude à l’égard du passé. Le premier pour que jeune, il soit aussi un ancien par son sang-froid à l’égard de l’avenir. En définitive, on doit donc se préoccuper de ce qui crée le bonheur, sil est vrai qu’avec lui nous possédons tout, et que sans lui nous faisons tout pour l’obtenir. »

Épicure, Lettre à Ménécée

La discussion à visée philosophique à la médiathèque

Le vendredi 28 septembre 2018

à la médiathèque Joseph Rousse de la Plaine sur Mer

nous accueillerons les parents pour leur faire vivre un atelier tel qu’il sera proposé aux enfants à partir de début novembre.

Nous avons cherché comment expliquer, donner envie, aux enfants de venir. Souvent, les parents inscrivent leurs enfants car ils pensent que cela sera intéressant. Mais nous voulions qu’ils sachent vraiment en quoi consistent nos ateliers. Nous avons donc pensé que la meilleur solution était d’en vivre un.

J’ai donc hâte de vivre cette soirée, d’autant plus que je vais la partager avec une autre animatrice; Christelle Croix. Nous nous étions déjà croisées, dans des bibliothèques, avant de nous retrouver le premier jour du parcours SEVE. Nous avons souvent échangé pendant cette période et nous avons constaté que nous aimions travailler ensemble. Nos parcours sont complémentaires, une richesse que nous aimons partager. Et cette co-animation nécessite, de notre part,  un travail commun et des qualités de communication cohérents avec ce que nous attendons des enfants. Donc, beaucoup de plaisir à venir.

L’annonce sera bientôt sur le site de la médiathèque ainsi qu’un questionnaire pour nous aider dans l’organisation des ateliers pour les enfants: http://mediatheque.laplainesurmer.fr/index

A bientôt pour cette première rencontre en bord de mer.

 

Comment tout a débuté

Parfois nous vivons dans une routine plus ou moins confortable où nous pensons qu’il est plus facile de continuer ainsi que de tout changer. J’avais déjà réalisé un changement de cap, il y a quelques années, pour devenir bibliothécaire car l’idée de rendre la culture accessible à tous était importante pour moi. Un service de lecture publique est le lieu idéal. Au fil des années, il m’est apparu que je ne pouvais pas aller aussi loin que je le souhaitais, en particulier avec les enfants, par manque de temps et de moyens.

En 2016, parait le livre de Frédéric Lenoir « Philosopher et méditer avec les enfants » aux éditions Albin Michel. La méditation avait déjà une bonne place chez moi, quant à la philosophie, en dehors de mes lectures, elle s’invitait dans les conversations avec mes enfants devenus de jeunes hommes. Alors, le cheminement de Frédéric Lenoir auprès des enfants pour développer des ateliers m’a conquis. La lecture de l’annonce dans les remerciements de la création de la Fondation SEVE (Savoir Être et Vivre Ensemble) puis qu’il était possible de se former pour développer des ateliers m’ont ouvert de nouvelles portes pour aller plus loin.

J’ai eu l’immense plaisir de suivre le premier parcours SEVE de Nantes de janvier à mai 2018. Entre temps, mes recherches m’avaient permise de découvrir la longue histoire de la philosophie avec les enfants mais les rencontres avec les intervenants SEVE ont été le déclencheur : je veux contribuer à développer des ateliers à visée philosophique avec les enfants dans la bienveillance et partager des outils de pratique de l’attention.