Résolution ou engagement ?

En ce début d’année, je vous souhaite une bonne année. Je vous souhaite de trouver l’énergie pour faire les choix qui vous conviennent, pour avancer en cohérence avec vos valeurs. Ce n’est pas toujours facile ni joyeux mais il me semble que si nous agissons selon nos choix, nous avons au moins la satisfaction d’essayer et d’être cohérent.

Depuis la rentrée de septembre, mon emploi du temps devient un peu trop chargé. J’ai choisi de m’inscrire en licence de philosophie à distance parce que j’éprouve le besoin d’enrichir mes connaissances en philosophie et pour combler un vide que des circonstances familiales ne m’ont pas permis d’assouvir à l’âge où on poursuit généralement ses études. Ensuite, j’ai commencé un poste à mi-temps à la médiathèque début décembre, tout en poursuivant mon activité de pratique philosophique. J’aimais profondément mon métier lorsque je travaillais à la bibliothèque de Chauvé. Là aussi, les circonstances m’ont poussée à faire un choix qui ne me permettait pas de rester à mon poste mais de commencer une activité qui a du sens pour moi. Animer des ateliers philo est pour moi un engagement important qui se confirme chaque fois que des personnes expriment le plaisir qu’elles ressentent à avoir réfléchi ensemble, à avoir été bousculées, à avoir douté.
Cependant, lorsque l’opportunité s’est présentée de travailler à nouveau en médiathèque, je ne pouvais pas la laisser passer. Et après un mois passé dans cet établissement, je me réjouis d’avoir fait ce choix, malgré la fatigue.

Alors je confirme. Chaque circonstance nous pousse à faire des choix. La vie n’est pas une autoroute en ligne droite mais un chemin escarpé et sinueux cependant nous pouvons choisir la façon d’avancer. Alors je vous souhaite de prendre le temps de réfléchir à la voie dans laquelle vous voulez vous engager et de trouver l’énergie de poursuivre. Ce ne sont pas des résolutions de début d’année qui nous permettent de faire ces choix cependant il faut être résolus, il faut être déterminé à faire certains choix, à prendre certaines décisions. Ce sont aussi des engagements que nous prenons, envers nous-même et envers ceux avec lesquels nous vivons, nous travaillons. Parce que nous avons besoin de temps pour réaliser des projets, pour apprendre, pour évoluer. Nous ne pouvons pas « scroller » d’une activité à l’autre ou d’un projet à l’autre sans essayer d’aller jusqu’au bout du chemin, même si cela semble désuet pour beaucoup de monde aujourd’hui.

Je vous souhaite donc une bonne année et bien d’autres à la suite.

Les mangas et la philo

Bien que je sois friande de mangas, il n’était pas dans mes projets de les utiliser lors des ateliers philo. Cependant, devant la demande persistante des jeunes philosophes, je me suis attardée sur le sujet. D’autres l’ont fait avant moi et de façon plus approfondie :
– La Philo des mangas, de Yvan Taveau, Opportunéditions
– Manga philo, de Gatsu Sensei, éditions l’Etudiant

Armée de quelques mangas susceptibles d’avoir été lus par les jeunes, j’ai essayé de répondre à leur demande en restant fidèle à l’engagement pris avec l’établissement de proposer des ateliers de réflexion philosophique.
Nous avons commencé par repréciser ce qu’est un sujet philosophique et ainsi éliminer le manga en tant qu’objet. Ensuite, les jeunes ayant lu Naruto étant les plus nombreux, nous avons cherché un sujet philosophique extrait de cette série. La première proposition a été le harcèlement. Le héros en est victime dans son enfance et ce sujet a déjà été traité l’année dernière. A ma demande de chercher un autre sujet, un jeune a proposé « le pouvoir ». Tout le monde a acquiescé en donnant des exemples de la façon dont Naruto essaie d’avoir le pouvoir, pour quelles raisons il le souhaite… A partir de cette base, nous avons réfléchi au concept du pouvoir et je leur proposerai bien la lecture du Prince de Machiavel l’année prochaine! Plus sérieusement, nous avons retrouvé de nombreuses idées de sa pensée.

En conclusion, non seulement nous avons mené une discussion intéressante sur un concept philosophique mais les jeunes ont aussi pris conscience de ce qu’ils pouvaient retirer de leurs lectures, à condition de prendre le temps d’y réfléchir.
Finalement, je réutiliserai certainement des mangas avec les jeunes. Et vous ?

Présentation des ateliers philo théâtre

Vous avez pu voir, parmi les propositions que j’annonce pour cette rentrée, des ateliers philo théâtre. D’où vient cette idée ? pourquoi? et en quoi cela consiste ?

J’aime le théâtre, le regarder ou le lire. J’ai eu l’occasion de jouer, adolescente puis adulte (bénévole) sous la direction d’un metteur en scène exigeant. Lorsque j’ai dû préparer et animer des ateliers variés, à la médiathèque, pendant la période des TAP (temps d’activité périscolaire), j’ai développé des ateliers théâtre avec les enfants de CE2, CM1 et CM2.
Ces expériences m’ont permis de ressentir les apports du jeu. Il s’agit d’un outil d’expression riche et exigeant qui permet de ressentir les idées dans son être et de faire l’expérience de l’empathie en incarnant l’autre.
J’ai donc été fort intéressée par les propositions d’Aurélia Minnebois, présentées dans son livre « Pratiquer des ateliers philo avec les enfants. Concrètement que faire ? », éditions Tom Pousse et surtout par les ateliers d’impro philo proposés par Perspicosm, animés par Pauline Grelier.
Entre expérience, attirance et nouvelles connaissances, j’ai donc décidé de développer des ateliers philo théâtre !

Mais qu’est-ce qu’un atelier philo théâtre ?
Le nom ne vous donne qu’un vague aperçu du contenu : de la philosophie et du théâtre.
Il y a, en effet, différentes propositions possibles :
1/ La pièce de théâtre est le support inducteur d’un atelier de discussion. Il permet d’ouvrir des chemins de réflexion sur un sujet. Ce type d’atelier se déroule généralement après une représentation et la pièce sert d’illustration ou de mise en lumière des idées.
2/ Comme le propose Aurélia Minnebois, la pratique théâtrale (écriture et jeu) arrive en fin de cycle pour synthétiser et présenter les ateliers qui auront été menés en amont. C’est un exercice de synthétisation très riche de ce qui aura été dit puis le jeu et la discussion qui le suis sont un excellent moyen de faire jaillir de nouvelles idées ou de pointer des réflexions à poursuivre.
3/ La méthode Perspicosm où les différentes formes de jeu sont intégrées à la discussion pour penser de façon holistique et profonde, à travers le corps. Le travail « d’enquêteur philosophique » (comme le dit Pauline) se nourrit aussi du feedback du jeu.

C’est cette 3ème méthode que je vous propose, pour penser en mouvement et dans la bonne humeur.
Il n’est pas nécessaire d’être un grand comédien mais il faut accepter de jouer, mimer ou improviser, sans crainte du ridicule mais avec sincérité puisque ce qui compte avant tout est la réflexion sur ce qui se passe lorsque nous essayons de mimer ou d’improviser une idée. Par exemple, sur le thème de la liberté, qui sera le premier proposé, un exercice sera de jouer le personnage de son choix, sans autre consigne. Ensuite, jouer un personnage selon des contraintes annoncées. Lors de la discussion qui suivra, nous devrions voir émerger des attributs de la liberté.

Voilà donc quelques informations sur cette nouvelle proposition, pour les jeunes à partir de 11 ans. Je propose ces ateliers avec l’association Les Escales Philosophiques, à Saint Nazaire, les mardis soir de 17h à 18h30, salle Maria Deraismes.
N’hésitez pas à me contacter si vous êtes intéressés ou si vous voulez en savoir plus ou si vous êtes intéressés pour un autre lieu et un autre temps : chouettephilophe@gmail.com

Suis-je libre de choisir mon avenir ?

En lisant cette bande dessinée, j’ai immédiatement fait le lien avec un sujet d’atelier que les collégiens demandent souvent :

  • suis-je libre de choisir mon avenir ?
  • sommes nous prédestinés ?
  • l’autre a t-il une influence sur mes choix ?

J’aime utiliser un support en ouverture d’atelier mais j’aime aussi proposer des lectures sur le sujet. Pourquoi pas une lecture aussi intéressante que belle ?
Ce livre est trop long à lire pour que je l’utilise en ouverture mais je vais conseiller sa lecture pour poursuivre la réflexion.

Ulysse et Cyrano
Stéphane Servain, Xavier Dorison et Antoine Cristau.
Casterman.

Ulysse semble avoir un avenir tout tracé, depuis des générations pourtant, ce qui lui est proposé ne semble pas lui convenir. Mais fait-on toujours ce qui nous attire ? Cyrano semblait être à sa place tout comme le père d’Ulysse pourtant le premier à tout arrêté brutalement et le second a dû abandonner un rêve. Il y a également Marie qui se permet d’étudier alors qu’elle est issue d’une catégorie sociale ouvrière à une époque où ce genre parcours n’était pas commun pour une fille.

Cette histoire présente donc plusieurs possibilités avec les plaisirs de belles illustrations, des notes d’humour et même des recettes pour finir.

Un livre à mettre dans les CDI et les bibliothèques des adolescents et des adultes aussi.