la valeur d’une idée

Ce week-end, au cours des discussions que j’ai animé, j’ai rencontré des sujets qui se rejoignent dans une autre discussion née dans mon esprit en rentrant du bar-tabac-presse-restaurant… de mon village avec le dernier numéro du Un à la main.

Le sujet est « Climat & fake news, le vrai du faux ».

Ce journal étant très sérieux, je suis sûre que je vais y trouver un grand nombre d’arguments fort intéressants mais en marchant sur mon chemin de campagne, je pensais surtout à nos discussions du week-end sur la valeur qu’on attribue à quelqu’un ou quelque chose, comme une idée, puis à notre balade sur le thème de l’homme et la nature.

Les lieux dans lesquels j’interviens sont comme mes amis ou mes collègues, nous avons des idées très proches sur l’écologie, une certaine forme de respect envers les Hommes et la nature, l’éducation, la culture… Je suis donc dans un petit cocon où mes idées me semblent bonnes puisque les gens que je rencontre ont les mêmes, dans les grandes lignes et nous sommes donc tous persuadés d’avoir raison et de représenter une grande part de la population.

Et puis, de temps en temps, un petite faille de ce monde idéal (avec des licornes et des bisounours selon certains) me laisse entrevoir (nous laisse entrevoir) que nous pouvons avoir des idées très opposées de celles d’autres personnes. C’est dans ce cadre que j’ai entendu, il y a quelques jours, des arguments qui m’ont semblé aberrants et pourtant il a fallut que je me raccroche à cet esprit critique dont je fais l’apologie

— L’écologie : c’est pas à moi de faire des efforts, que les « riches » commencent. De toutes façons ça ne sert à rien, le bio ça n’existe pas…

Saints yoga, méditation, philosophie, sauvez moi!

Mais pourtant, ces arguments sont-ils faut?

Nous aurions grand besoin que les industriels changent leurs pratiques (je me permets de traduire riches par industriels) si nous voulons une véritable amélioration rapide. Il est vrai que même si je jardine bio, la pollution de l’air, de l’eau de pluie, ce qui était déjà dans la terre peut être pollué. Donc entre Nantes et St Nazaire, sur les bords de la Loire, il y a de grandes chances pour que notre air ne soit pas Total-ement bio.

Nous pouvons nous raccrocher aux analyses scientifiques, mathématiques, biologiques mais les opposants trouveront certainement des résultats d’analyses pour étayer leurs propos. Alors comment savoir qui a raison?

C’est à ce moment que j’invoque tous les saints de la philosophie et Luc Ferry

Conférence Luc Ferry : Qu’est-ce qu’une vie bonne pour les mortels ?

Finalement je fais le choix de mener une vie bonne ou du mieux possible puisque je ne suis qu’une mortelle et je vais aussi accorder de la valeur aux idées et aux comportements qui me semblent le mieux respecter la nature et donc les Hommes.

Lorsque j’explique aux jeunes que nous allons accueillir des arguments opposés lors de la discussion, je leur explique aussi qu’ils n’auront pas à changer d’avis. Ils auront juste une réflexion plus riche sur le sujet. Alors soyons ouverts car nous avons grand besoin de réfléchir.

Comment j’ai raté ma vie

ou comment ne pas rater la vôtre, selon Bertrand Santini et Bertrand Gatignol

A première vue, ce titre n’est pas très attirant. Nous recherchons plus souvent des conseils pour la réussir car nous sommes parfaitement capable de la rater seul. Puis, en lisant le nom de l’auteur, j’ai immédiatement pensé que ce livre devait être bien. Je l’ai donc découvert en le lisant à voix haute à Régine Barat qui me l’a confié pour en faire la critique.

Je vous confirme donc que cet album plein d’ironie nous invite à réfléchir à ce qui est important dans notre vie. Quel était notre vision de la vie enfant et qu’en avons nous fait?

Ce livre est une invitation à réfléchir à ce qu’est une vie bonne, eudaimonia, LE sujet que j’aime et qui me fait considérer la philosophie, presque, comme une thérapie.

Éloignons-nous des désirs et apprenons à trouver le plaisir dans une vie simple. Finalement, plus on augmente le champ des possibles et plus nous nous perdons. Plus de consommation, plus de communication virtuelle au détriment de l’essentiel comme d’avoir des rapports humains directs, des plaisirs simples en lien avec la nature.

Lors du forum des associations samedi dernier où je présentais les ateliers philo de la rentrée prochaine, je partageais le stand avec deux charmantes jeunes femmes, l’une sophrologue et l’autre relaxologue. Notre association propose également du yoga donc des activités qui invitent à trouver la quiétude et le bien-être, autant que possible. J’ai pu constater que nos activités rencontraient un fort succès et que les visiteurs, quelque soit leur âge ou leur sexe, cherchent des moyens de s’apaiser en partageant des activités qui invitent à se recentrer sur l’essentiel.

En attendant d’utiliser cet album pour introduire un débat, je vous invite à lire la critique sur le site de Contalyre et d’en partager la lecture avec les enfants.