Comment j’ai appris la simplicité, Satish Kumar

Comment j'ai appris la simplicité, Satish Kumar, éditions Robert Laffont
Comment j’ai appris la simplicité, Satish Kumar, éditions Robert Laffont.

Après Tu es donc je suis et Pour une écologie spirituelle, je poursuis ma lecture des réflexions de Satish Kumar. J’ai découvert ce philosophe dans le film En quête de sens et j’ai immédiatement été touchée par sa pensée. Je me permets de l’intituler ainsi car sa vie est une longue réflexion sur la place de l’humain dans le monde, l’interaction de l’humain avec l’environnement, la vie bonne pour soi et pour la nature… autant de pensées que l’on attribue généralement aux philosophes. Sa pensée est d’ailleurs proche du stoïcisme de Zénon de Citium qui invite à vivre conformément à la nature ainsi que de l’éthique conséquentialiste.

Satish Kumar a toujours suivi les enseignements qu’il a reçu des ses maîtres mais aussi de ses expériences de voyages, de lectures et de rencontres. Il a appris à apprécier une vie simple ayant une très faible empreinte sur son environnement dès son plus jeune âge mais une vie riche de partages, de rencontres et d’enseignements et surtout d’engagement pour la paix et pour l’écologie, c’est à dire la relation entre le vivant et le milieu dans lequel il vit.

La simplicité ici présentée est noble et source de bien-être car elle éloigne le souci de perdre ce que nous avons mais également l’envie, le désir qui ne provoque que de l’insatisfaction. Elle laisse la place à d’autres plaisirs immatériels de l’existence.

« Vous l’aurez compris : la simplicité se pratique aussi bien en nous (nos pensées, nos émotions, nos réflexions) qu’en dehors de nous (nos actes, nos gestes, nos comportements). Mais comment « faire simple » lorsqu’il s’agit de préparer le dîner, de changer les draps ou de prendre une douche ? En veillant à avoir le moins d’impact possible sur notre environnement immédiat. Si nous faisons un drame des tâches les plus usuelles, tout devient lourd et pénible. Veillons à traverser l’existence comme une rivière traverse la campagne : avec aisance et fluidité, sans complications inutiles. » page 79.

Je ne peux qu’inviter à découvrir les pérégrinations de Satish Kumar et à s’enrichir des enseignements qu’il partage avec nous pour nous aider à avoir une vie plus respectueuse de notre environnement mais aussi de nous-même.

la valeur d’une idée

Ce week-end, au cours des discussions que j’ai animé, j’ai rencontré des sujets qui se rejoignent dans une autre discussion née dans mon esprit en rentrant du bar-tabac-presse-restaurant… de mon village avec le dernier numéro du Un à la main.

Le sujet est « Climat & fake news, le vrai du faux ».

Ce journal étant très sérieux, je suis sûre que je vais y trouver un grand nombre d’arguments fort intéressants mais en marchant sur mon chemin de campagne, je pensais surtout à nos discussions du week-end sur la valeur qu’on attribue à quelqu’un ou quelque chose, comme une idée, puis à notre balade sur le thème de l’homme et la nature.

Les lieux dans lesquels j’interviens sont comme mes amis ou mes collègues, nous avons des idées très proches sur l’écologie, une certaine forme de respect envers les Hommes et la nature, l’éducation, la culture… Je suis donc dans un petit cocon où mes idées me semblent bonnes puisque les gens que je rencontre ont les mêmes, dans les grandes lignes et nous sommes donc tous persuadés d’avoir raison et de représenter une grande part de la population.

Et puis, de temps en temps, un petite faille de ce monde idéal (avec des licornes et des bisounours selon certains) me laisse entrevoir (nous laisse entrevoir) que nous pouvons avoir des idées très opposées de celles d’autres personnes. C’est dans ce cadre que j’ai entendu, il y a quelques jours, des arguments qui m’ont semblé aberrants et pourtant il a fallut que je me raccroche à cet esprit critique dont je fais l’apologie

— L’écologie : c’est pas à moi de faire des efforts, que les « riches » commencent. De toutes façons ça ne sert à rien, le bio ça n’existe pas…

Saints yoga, méditation, philosophie, sauvez moi!

Mais pourtant, ces arguments sont-ils faut?

Nous aurions grand besoin que les industriels changent leurs pratiques (je me permets de traduire riches par industriels) si nous voulons une véritable amélioration rapide. Il est vrai que même si je jardine bio, la pollution de l’air, de l’eau de pluie, ce qui était déjà dans la terre peut être pollué. Donc entre Nantes et St Nazaire, sur les bords de la Loire, il y a de grandes chances pour que notre air ne soit pas Total-ement bio.

Nous pouvons nous raccrocher aux analyses scientifiques, mathématiques, biologiques mais les opposants trouveront certainement des résultats d’analyses pour étayer leurs propos. Alors comment savoir qui a raison?

C’est à ce moment que j’invoque tous les saints de la philosophie et Luc Ferry

Conférence Luc Ferry : Qu’est-ce qu’une vie bonne pour les mortels ?

Finalement je fais le choix de mener une vie bonne ou du mieux possible puisque je ne suis qu’une mortelle et je vais aussi accorder de la valeur aux idées et aux comportements qui me semblent le mieux respecter la nature et donc les Hommes.

Lorsque j’explique aux jeunes que nous allons accueillir des arguments opposés lors de la discussion, je leur explique aussi qu’ils n’auront pas à changer d’avis. Ils auront juste une réflexion plus riche sur le sujet. Alors soyons ouverts car nous avons grand besoin de réfléchir.