Les ateliers au collège Pierre Norange

A la rentrée, j’ai été invitée à rejoindre l’association Les Escales Philosophiques, composée de Mathilde Mebkhouti, alias Ph’îlot Mathilde et de Pascale Messu, pour animer des ateliers au collège Pierre Norange, à St Nazaire, avec d’autres animateurs, auprès des 4 classes de 3ème, pendant 6 semaines.

Il n’y avait pas de thème imposé donc j’ai utilisé la première rencontre pour échanger sur : la communication, l’objet des ateliers, ce qu’ils ont vécu lors des discussions de l’an dernier et ce qu’ils attendent cette année. Les sujets suivants sont ressortis de nos débats, d’une semaine sur l’autre. Il y avait ainsi une continuité dans notre réflexion.

Ces jeunes avaient déjà participé à des ateliers, cette expérience leur permettait d’être plus à l’aise. Cependant il y avait une pression chez ces adolescents en groupe hétérogène. Nous avons d’ailleurs discuté de l’adolescence et ils ont exprimé leurs difficultés pendant cette période de construction de leur identité, selon leurs mots.

Mais ils ont aussi montré une réelle réflexion sur la vie, le monde, la cité. Leurs préoccupations sont loin de l’enfance insouciante. Ils construisent leur avenir dans un monde incertain et en suivant des règles qui ne leur semblent pas correspondre à leurs besoins.

J’ai pour habitude de remercier les participants en fin d’atelier, non pas pour donner un exemple de politesse mais parce que je ressens vraiment de la gratitude pour les enseignements qu’ils m’apportent par leurs réflexions. N’oublions pas, « les vieux de 50 ans et plus », d’écouter les jeunes. Leur regard différent sur le monde nous offre un point de vue intéressant.

Lors de notre dernier atelier, j’ai invité les élèves à choisir un des thèmes traités pendant cette période et de le présenter sous la forme d’affiches. En voici quelques-unes :

La République, selon Jean Harambat

La République, d’après l’œuvre de Platon, par Jean Harambat, Philosophie magazine éditeur

Dans les derniers hors séries de Philosophie magazine nous pouvions découvrir la bande dessinée de Jean Harambat par épisodes. L’attente de l’épisode suivant pour connaître la suite étant trop difficile à supporter pour moi, j’ai préféré attendre la sortie de l’album afin de pouvoir lire d’un trait.

L’attente valait la peine. Jean Harambat revisite cette discussion de Socrate, transmise par Platon, à propos de la justice en imaginant la cité idéale, sous une forme très agréable et plus accessible que l’original. Les dialogues sont enrichis de commentaires et magnifiquement illustrés. On y retrouve les allégories de la caverne et de Gygés ainsi que le mythe d’Er.

Tout est réuni, dans une version agréable grâce aux illustrations, pour partager de belles discussions avec les adolescents.

Un atelier au Grand Café

J’ai l’honneur et le plaisir de préparer une immersion philosophique avec Ph’îlot Mathilde pour les Escales Philosophiques. Nous serons présentes le samedi 20 novembre, à 11h, au Grand Café à Saint Nazaire pour une immersion dans les œuvres de l’exposition Post Atlantica de Noémie Goudal,

Si vous n’avez pas encore vu l’exposition, vous pouvez avoir un aperçu du travail de cette artiste à travers la courte présentation de l’émission Twist, l’appel de la montagne – entre magie et menace, sur Arte TV (à partir de 9’25).

Sinon, le mieux est de vous rendre au Grand Café, ouvert du mardi au dimanche, de 14h à 19h, entrée gratuite.

Noémie Goudal, Phoenix V et III, 2021. 200 x 149,4 cm, C-Print
Courtesy des galeries Les filles du Calvaire et Edel Assanti, et de l’artiste
Vue de l’exposition Post Atlantica au Grand Café – centre d’art contemporain, 2021
Photographie Marc Domage

Noémie Goudal, Phoenix V et III, 2021. 200 x 149,4 cm, C-Print
Courtesy des galeries Les filles du Calvaire et Edel Assanti, et de l’artiste
Vue de l’exposition Post Atlantica au Grand Café – centre d’art contemporain, 2021
Photographie Marc Domage

Pour participer à l’Immersion philosophique, rendez-vous le samedi 20 novembre, à 11h.

En famille avec des jeunes de 10 à 15 ans.

Sur réservation au 02.51.76.67.01 ou publicsgrandcafe@mairie-saintnazaire.fr

« Un philosophe à l’hôpital », Guillaume Durand

La première fois que j’ai entendu parler du philosophe Guillaume Durand c’était lorsqu’une jeune fille de CE2, à l’école , m’a dit qu’elle savait ce qu’était la philosophie parce que son papa est philosophe. Après quelques recherches sur le papa, j’ai trouvé cette présentation (en version imprimée aux éditions M-Editer) :

J’ai très vite proposé le sujet aux jeunes que je rencontrais à l’époque, en septembre 2020, à l’hôpital de Saint Nazaire. Il en est ressorti une discussion très animée et intéressante.

C’est finalement dans ce même établissement que Guillaume Durand tient une permanence de consultations d’éthique clinique dont il partage quelques exemples dans le livre « Un philosophe à l’hôpital » aux éditions Flammarion.

Dès l’introduction j’ai compris que je trouverai dans ce livre des exemples concrets de l’utilité de la réflexion philosophique dans notre vie et particulièrement lorsque nous devons prendre des décisions difficiles. Le philosophe commence par ces constatations :

« J’avais oublié le réel. Les études de philosophie m’ont éloigné de ce que la plupart d’entre nous tiennent pour la réalité. » (page 9)

Pourtant le philosophe consacre son travail à la compréhension et l’explication de ce qui, dans la vie et le monde concret, ne peut être expliqué, uniquement, par la science. Donc le philosophe réfléchit au réel en permanence mais en prenant une distance telle qu’il pourrait oublier que son sujet est bien réel. Il aura donc fallu la demande de soignants conscients de l’intérêt de cette réflexion pour l’ancrer dans la réalité de l’hôpital :

« Face à des situations délicates, il arrive que les soignants, les patients et leurs proches recherchent une aide dans la philosophie. Une réflexion appliquée, accessible et tournée vers l’action : une éthique clinique, « au chevet » du patient, qui consiste à déterminer pour chaque situation la voie la plus juste. » (page 9-10)

Dans ce livre, l’auteur partage avec nous quelques exemples de réflexions ou dilemmes rencontrés lors de ses consultations. Il n’a pas la prétention d’apporter la solution mais une aide, un accompagnement et cela me semble déjà beaucoup. A mon humble niveau, j’ai pu constater lors des ateliers avec les jeunes, à l’hôpital, que la discussion leur permettait d’expliquer un problème qu’ils rencontraient, bien que ce ne soit pas l’objectif premier de ces ateliers, grâce à la distance qu’ils avaient pu mettre entre leur vécu douloureux et le sujet tel que nous l’abordions.

Ce livre est donc très intéressant par l’éclairage qu’il apporte sur l’aide concrète de la philosophie dans nos vie et j’espère qu’il incitera ainsi à développer de telles consultations. Il apporte également un argument supplémentaire pour démontrer combien apprendre à philosopher dès le plus jeune âge est important pour donner des outils à ces futurs adultes pour mener leur vie.