Penser

Ceci n’est pas un injonction!

Quoi que nous fassions, des pensées sortent de notre cerveau sans arrêt. Hélène Filipe , qui nous guide dans les méditations du cycle MBSR auquel je participe, nous invite à les observer, les accepter, mais ne pas les suivre faute de pouvoir les empêcher.

Penser, c’est aussi un sujet auquel j’aime réfléchir avec les enfants car il me semble utile de comprendre ce qui va être la base de nos rencontres. Les enfants font la distinction entre les pensées qui nous viennent sans y réfléchir, dans des moments de veille, comme pour nous rappeler ce que nous avons fait ou ce que nous allons faire, ou encore que nous avons envie de faire. Parfois comme l’alerte d’un agenda électronique, parfois comme un rêve éveillé et la pensée née de notre réflexion.

Et il y a l’action de penser telle que nous tendons à la pratiquer avec les enfants. Cette pensée volontaire et organisée, construite. Cette pensée née d’un questionnement dont nous allons chercher des réponses ensemble.

Je viens de relire l’article de philo enfant, « la philosophie pour enfant et l’invention du pensable ». Dans ce court article, l’auteur présente ce vers quoi j’essaie d’aller avec les enfants, moi aussi. Ce qui explique aussi pourquoi il est important de se rencontrer régulièrement pour nous améliorer, créer des outils et des habitudes qui vont nous permettre d’avoir l’esprit en alerte. Chercher à comprendre le monde, à nous comprendre puisque comme le dit Pascal,

L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature; mais c’est un roseau pensant. Il ne faut pas que l’univers entier s’arme pour l’écraser : une vapeur, une goutte d’eau suffit pour le tuer. Mais quand l’univers l’écraserait, l’homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu’il sait qu’il meurt, et l’avantage que l’univers a sur lui, l’univers n’en sait rien

puis:

Toute notre dignité consiste donc en la pensée. C’est de là qu’il faut nous relever et non de l’espace et de la durée, que nous ne saurions remplir. Travaillons donc à bien penser : voilà le principe de la morale.

http://www.penseesdepascal.fr/Transition/Transition6-moderne.php

Alors les enfants, pensez, pensons.

L’homme et la nature NHD

La famille, c’est quoi?

Dans le cadre de la P’tite quinzaine de la parentalité, j’animais un atelier au CSC Loire et Seil à Rezé hier matin. J’y retrouvais donc un joli petit groupe d’enfants âgés de 6 à 11 ans pour réfléchir ensemble à ce qu’est une famille.

Les enfants ont d’abord semblé percevoir la famille comme une évidence. C’est très simple, il s’agit d’un groupe de personnes d’âges différents qui s’aiment et prennent soin les uns des autres. Puis ils ont introduit l’idée d’une hiérarchie dans ce groupe, les plus anciens étant écoutés, respectés des plus jeunes. Chacun y a un rôle dont celui de subvenir aux besoins des autres (plus jeunes), pour les anciens celui d’aider leurs descendants.

Cette famille est liée par la naissance mais elle s’agrandit sans arrêt par les mariages ou autres unions qui réunissent deux familles. Elles peuvent aussi éclater pour en former une nouvelle mais seulement pour les membres de la famille qui ne sont pas unis par la naissance.

J’ai retrouvé Rousseau dans ce que les enfants ont dit :

La plus ancienne de toutes les sociétés et la seule naturelle est celle de la famille. Jean-Jacques Rousseau, Du Contrat social

Afin de partager leur réflexion, les enfants ont réalisé 2 affiches

Ce fut encore un grand plaisir pour moi de partager un temps de réflexion avec des enfants. Un grand plaisir aussi de découvrir cette équipe et ce lieu qui offre un programme très riche pour toute la famille tout au long de l’année. Ce sont des lieux à semer partout dans les villes et les villages, des lieux de réunion, d’échanges, de partage… de vivre ensemble. Merci beaucoup de m’avoir permis de participer.

la valeur d’une idée

Ce week-end, au cours des discussions que j’ai animé, j’ai rencontré des sujets qui se rejoignent dans une autre discussion née dans mon esprit en rentrant du bar-tabac-presse-restaurant… de mon village avec le dernier numéro du Un à la main.

Le sujet est « Climat & fake news, le vrai du faux ».

Ce journal étant très sérieux, je suis sûre que je vais y trouver un grand nombre d’arguments fort intéressants mais en marchant sur mon chemin de campagne, je pensais surtout à nos discussions du week-end sur la valeur qu’on attribue à quelqu’un ou quelque chose, comme une idée, puis à notre balade sur le thème de l’homme et la nature.

Les lieux dans lesquels j’interviens sont comme mes amis ou mes collègues, nous avons des idées très proches sur l’écologie, une certaine forme de respect envers les Hommes et la nature, l’éducation, la culture… Je suis donc dans un petit cocon où mes idées me semblent bonnes puisque les gens que je rencontre ont les mêmes, dans les grandes lignes et nous sommes donc tous persuadés d’avoir raison et de représenter une grande part de la population.

Et puis, de temps en temps, un petite faille de ce monde idéal (avec des licornes et des bisounours selon certains) me laisse entrevoir (nous laisse entrevoir) que nous pouvons avoir des idées très opposées de celles d’autres personnes. C’est dans ce cadre que j’ai entendu, il y a quelques jours, des arguments qui m’ont semblé aberrants et pourtant il a fallut que je me raccroche à cet esprit critique dont je fais l’apologie

— L’écologie : c’est pas à moi de faire des efforts, que les « riches » commencent. De toutes façons ça ne sert à rien, le bio ça n’existe pas…

Saints yoga, méditation, philosophie, sauvez moi!

Mais pourtant, ces arguments sont-ils faut?

Nous aurions grand besoin que les industriels changent leurs pratiques (je me permets de traduire riches par industriels) si nous voulons une véritable amélioration rapide. Il est vrai que même si je jardine bio, la pollution de l’air, de l’eau de pluie, ce qui était déjà dans la terre peut être pollué. Donc entre Nantes et St Nazaire, sur les bords de la Loire, il y a de grandes chances pour que notre air ne soit pas Total-ement bio.

Nous pouvons nous raccrocher aux analyses scientifiques, mathématiques, biologiques mais les opposants trouveront certainement des résultats d’analyses pour étayer leurs propos. Alors comment savoir qui a raison?

C’est à ce moment que j’invoque tous les saints de la philosophie et Luc Ferry

Conférence Luc Ferry : Qu’est-ce qu’une vie bonne pour les mortels ?

Finalement je fais le choix de mener une vie bonne ou du mieux possible puisque je ne suis qu’une mortelle et je vais aussi accorder de la valeur aux idées et aux comportements qui me semblent le mieux respecter la nature et donc les Hommes.

Lorsque j’explique aux jeunes que nous allons accueillir des arguments opposés lors de la discussion, je leur explique aussi qu’ils n’auront pas à changer d’avis. Ils auront juste une réflexion plus riche sur le sujet. Alors soyons ouverts car nous avons grand besoin de réfléchir.

Les fruits du week-end.

Certains fruits nourrissent l’esprit et j’ai eu le plaisir de faire une belle récolte ce week-end.

J’ai commencé samedi à la médiathèque Livre y média à St Père en Retz. Sébastien m’a invité à animer des discussions à partir de livres de la médiathèque, pour les enfants et leurs parents.

Nous étions donc bien entourés pour discuter des thèmes cachés dans les Contes d’Orient de Jihad Darwiche.

Qu’est ce que la famille? Aujourd’hui, hier, est-ce la même? Le lion est plus fort que la souris qui pourtant le sauve, qu’est-ce que la valeur? Le chameau à problème et un ami renard qui lui propose une solution, qu’est-ce que penser?…

Bien-sûr nous ne pouvons pas aller au bout de nos idées, de notre réflexion en un temps aussi court mais j’espère que le dialogue s’est poursuivi dans les foyers et que tous auront envie d’échanger sur les prochains thèmes qu’ils découvriront dans leurs lectures.

Hier, dimanche, j’étais à la fête de la Ranjonnière (ferme pédagogique), à Bouguenais pour un dialogue entre enfants et adultes autour de l’homme et la nature.

La marche aidant à réfléchir, nous nous sommes promenés dans ce beau jardin, entre aéroport, boulevard périphérique et usines, qui illustrait parfaitement notre propos.

Qu’est-ce que la nature? Lorsqu’on prend le temps d’y réfléchir en étant au milieu de cette végétation luxuriante on ne peut s’empêcher d’être admiratifs mais aussi inquiets et dubitatifs quant à la place et au rôle de l’homme.

Sénèque disait  » La véritable sagesse consiste à ne pas s’écarter de la nature, mais à mouler notre conduite sur ses lois et son modèle.  »

Après cette journée à la ferme, je suis heureuse d’avoir rencontré autant de personnes qui en soient convaincues.