Le sens des limites

de Monique Atlan et Roger-Pol Droit, aux éditions de l’Observatoire

Alors que de nouvelles limites sont nées autour de nous, pour nous protéger, pour éviter l’engorgement des hôpitaux, pour sauver l’économie… et que des mouvements de révoltes voient le jour contre ces atteintes aux libertés, les auteurs font dans cet essai une remarquable étude des limites, de leur sens, de leur évolution, de leur utilité.

Il est un sujet d’atelier philo qui est plébiscité par les adultes (enseignants, animateurs…) : les règles (doit-on obéir aux lois? a t-on besoin d’un chef pour vivre ensemble? …)

et un autre plébiscité par les enfants et les adolescents : la liberté

Tout commence par le cadre que nous écrivons ensemble, en début d’atelier, pour que chacun puisse s’exprimer et se sentir en confiance. La limite, elle est aussi dans le vocabulaire et les arguments que nous partageons, faussés parce que « vous êtes là madame, y’a des choses qu’on ne peut pas dire. »

Les auteurs montrent comment les humains sont divisés entre l’idée de renforcer des limites pour nous protéger (notre santé, notre identité…) et l’idée de dépasser les limites en contrevenant aux lois / règles pour protéger MA liberté ou pour dépasser la nature. Pourtant, pourrions nous vivre sans limites?

Il est parfois bon de prendre le temps d’observer les choses de façon plus globale pour comprendre leur évolution, leur utilité, les erreurs mais aussi la justesse des limites. Il revient à l’humain qui crée ou rejette la limite de le faire en conscience et pour cela, ce livre est un outil précieux.

Pour en savoir plus, le site des éditions de lObservatoire et le site de Roger-Pol Droit

Grand merci à Pascale pour ce conseil de lecture et pour les ateliers que nous avons partagés à l’hôpital pendant 3 ans.

Liberté et engagement

J’ai enfin pu utiliser Philocomix pour un atelier! Depuis le temps que j’ai envie d’utiliser une bande dessinée comme support pour un atelier avec des adolescents, c’est fait et j’aurai le plaisir d’en animer d’autres. Les références exactes sont : Philocomix 2, dix nouvelles approches du bonheur. JP Thivet, J Vermer et AL Combeaud aux éditions Rue de Sèvres. Un troisième tome est en préparation.

Pour en revenir à notre atelier, nous avons donc commencé par découvrir la pensée de Jean-Paul Sartre selon laquelle notre liberté est une série de choix que nous faisons (très résumé). Ensuite, la pensée de Henry David Thoreau qui nous dit que nous sommes responsables de nos actes lorsque nous choisissons de nous engager ou de ne pas nous engager (très très résumé là encore mais vous pouvez lire Philocomix).

Les jeunes ont dit que la liberté absolue serait de ne pas avoir de règles et de pouvoir ainsi faire tout ce que nous souhaitons. Mais cela est impossible parce que nos actes pourraient avoir des conséquences sur les autres et même si nous sommes seuls, ils pourraient avoir des répercussions sur nous. Donc, nous nous fixons nos propres limites, même en l’absence de règles imposées, et nous faisons des choix libres en fonction de ces limites. Nous sommes responsables de nos choix et donc de nos actes. Mais nous avons aussi besoin de connaissances pour choisir et s’engager ; c’est par exemple en écoutant les discours de Greta Thunberg que des jeunes du monde entier ont fait le choix de manifester. Ils ont eu l’information mais aussi l’action collective qui aide à trouver la force d’agir : ensemble on est plus fort! (cf page 147)

Pour conclure en peu de phrases, les jeunes de l’atelier pensent que la liberté serait de savoir ce qu’on va faire et pourquoi, agir en conscience. La responsabilité serait de mesurer les conséquences afin de savoir quand s’arrêter. Mais la liberté n’est accessible que lorsqu’on a confiance en soi car c’est ce qui va nous donner la force de faire des choix.