Une bibliothèque pour tous grâce à Mobidys

Si l’animation d’ateliers à visée philosophique occupe une part importante de mon activité, il en est une autre tout aussi importante. J’ai la chance qu’un ami m’ait ouvert la porte de Mobidys et que je puisse ainsi participer à leur belle aventure.

Cette start up a créé une bibliothèque numérique pour les collégiens; Sondo, qui rend accessibles les manuels scolaires ainsi que les ouvrages de littérature en les adaptant aux différentes difficultés de lecture.

Sondo

En tant que bibliothécaire puis animatrice d’ateliers à visée philosophique, mon souhait est toujours le même, aider à accéder à la culture, en particulier grâce aux livres. Autant dire que l’objectif de Mobidys de rendre la lecture accessible à tous les collégiens m’a beaucoup touché.

Concrètement, nous sommes donc quelques petites fourmis qui préparent les textes en les découpant, en ajoutant de courtes définitions ou des synonymes… pour que les jeunes lecteurs puissent choisir, sur leur écran, l’aide dont ils auront besoin.

Cet outil devrait être présent dans tous les collèges pour donner toutes leurs chances aux élèves de réussir. Lors d’un atelier sur la différence, avec des enfants de CM2, nous avons parlé de la différence entre égalité et équité. Je leur ai présenté cette image :

http://blog.talents-handicap.com/espace-candidats/emploi-handicap-etes-legalite-lequite/

Une fillette m’a demandé pourquoi la France a choisi « égalité » dans sa devise alors que l’équité, c’est mieux?

Sondo est un bon moyen de rétablir cette équité en apportant l’aide adaptée aux besoins de chacun. Alors je suis très heureuse d’y participer à mon petit niveau et j’espère que de nombreux collèges vont proposer cet outils à leurs élèves.

La joie de Lire et Socrate

La réflexion philosophique est un exercice de la pensée qui consiste à découvrir le monde qui nous entoure et nous-même, puisque nous faisons partie de ce monde. Donc nous découvrons aussi quelle est notre juste place.

Pour cela, avec les enfants, nous cultivons cette capacité qu’ils ont à se questionner. Parce qu’ils s’interrogent naturellement, dès le plus jeune âge, sur le monde qui nous entoure. Mais, est-ce que nous leur accordons le temps d’écouter, de réfléchir avec eux. Lorsque cet espace temps n’existe pas, les enfants perdent leur étonnement et « normalisent » le monde qui les entoure. Puisque les adultes ne prêtent pas attention à leurs interrogations, c’est qu’elles n’ont pas lieu d’exister.

Pourtant, le questionnement est la base de l’apprentissage et de la compréhension, pas seulement à l’école mais dans chaque recoin de la société. Comme devenir un citoyen acteur de ses actes si nous acceptons la société sans nous questionner? Eviter de devenir un mouton.

Donc, l’atelier philo avec les enfants permet de cultiver ce questionnement et de montrer à l’enfant qu’il est un interlocuteur valable. Tout cela dans un cadre respectueux de soi et des autres, de la parole. Bref, un cadre qui devrait être la normalité des rapports humains…

Pour accompagner les ateliers, j’ai découvert, aux éditions La Joie de Lire, un merveilleux petit livre (il tient dans la poche ou dans un sac à main); Socrate et son papa de Einar Øverenget

Socrate et son papa pendant un atelier

Chaque chapitre est comme une courte nouvelle dans laquelle Socrate se questionne. Ce sont les questions que tous les enfants se posent mais là, elles vont être la base d’un échange avec le papa. Mais cet échange n’apporte pas une solution, il présente un cheminement de leurs pensées. Ce qui fait que chaque petite histoire est une excellente base pour poursuivre la discussion avec les enfants.

L’éditeur a créé un collection « philo et autres chemins » dans laquelle ont trouve un deuxième tome des questions de Socrate mais aussi d’autres albums que j’ai hâte de découvrir. Peut-être seront-ils la base d’autres ateliers…

Prendre le temps de regarder l’ensemble.

A Joy Story: Joy and Heron

Voici une courte vidéo à partager avec les enfants.

Nous pourrions en faire une longue analyse comme Steemitph ici .

Ou choisir d’écouter ce que les enfants en disent…

Quel vision avons-nous des situations que nous vivons? Nous sommes parfois tellement captivés par ce qui se passe sous notre nez que nous ne prenons pas le temps de regarder ce qui a provoqué la situation. Nous agissons rapidement, par instinct, comme ce chien qui protège les vers de son maître.

Après avoir regardé cette vidéo, les enfants ont dit qu’il faut être attentif aux autres pour mieux les connaître et les comprendre. Il peut bien sûr y avoir des situations où nous devons agir dans l’urgence mais il est bon de prendre le temps, après, d’observer l’ensemble. Certes, on ne pourra pas toujours expliquer ou excuser un comportement gênant ou immoral. Mais, comme en pleine conscience, cette observation peut nous permettre d’observer la situation pour mieux l’accepter.

Le groupe avec lequel j’étais ne m’a pas permis de poursuivre l’échange (mais nous pourrons peut-être y revenir à une autre occasion, c’est l’avantage de la discussion philo, nous pouvons toujours réfléchir plus…) mais nous aurions aussi pu discuter de la vérité.

Qu’est ce que la vérité? Est-ce ce que je vois? comment savoir si c’est la vérité ou seulement une partie de celle-ci?

Vous connaissez certainement la métaphore des 6 aveugles et l’éléphant. Si nous avons tous une partie de la vérité, il faut être capable d’accepter les autres parties, détenues par d’autres individus, et qui vont peut-être contredire ma vérité. Sinon, ma vérité ne devient-elle pas une opinion? Mais peut-être aussi que ce partage va enrichir ma vérité en lui apportant de nouveau arguments qui vont la renforcer. Ou pourquoi pas, m’ouvrir à d’autres idées, à condition d’être prêt à les recevoir, et m’apporter d’autres connaissances.

Si je reviens à la réflexion des enfants; si nous regardons le monde dans son ensemble en étant attentif à chaque situation, nous ne pourrons que faire preuve de plus de discernement et augmenter nos connaissances. Beau programme, sans oublier de garder un esprit critique de philosophe!

Si vous aimez partager de bons courts métrages, il y en a d’autres ici https://thekidshouldseethis.com/post/joy-and-heron

Avant de regarder Artistes de la vie

Dimanche matin, j’animais avec deux autres personnes la discussion suite à la projection du film Artistes de la vie. Ce film présente de beaux et riches témoignages de personnes inspirantes et ça fait du bien! Le but étant d’amener les personnes présentes à témoigner sur leur ressenti et leur expérience personnelle, il m’a semblé intéressant de commencer par réfléchir moi-même à la question,

« Connais-toi toi-même » reprend Socrate.

C’est d’ailleurs une partie importante du film. Réfléchir à qui je suis, mes besoins, ce qui m’enrichit… On ne peut être vraiment ouvert aux autres et au monde que lorsqu’on a une (plus ou moins) bonne connaissance de soi, cette connaissance qui sert d’appui pour soutenir nos choix et nos actions.

Qu’est ce qui me porte? Qu’est ce qui me permet de me sentir à ma place? quels sont mes besoins? Dans son témoignage, Johanna Quelen parle de ce qui rend JOYEUX.

S’il est possible, voire nécessaire de suivre une psychothérapie pour commencer le chemin, il faut surtout prendre le temps de regarder à l’intérieur de soi ce qui nous rend JOYEUX. La philosophie nous dit que nos désirs font notre malheur, que l’essentiel n’est pas dans le superflue alors, comme dans le feng-shui, il faut faire un peu de nettoyage par le vide. Et que reste t-il? Moi, toi, lui.

A partir du moment où nous sommes attentifs à l’essentiel dont nous avons besoin, nous avons fait de la place pour être attentif à ce dont les autres ont besoin. Ce pouvoir de la pensée, de la réflexion nous permet de vivre ensemble, pas seulement côte à côte mais vraiment ensemble. Et cette pensée, il est bon de l’entretenir, la développer, la nourrir dès le plus jeune âge. Avant que les modèles de la société ne viennent l’étouffer.

Voilà pourquoi j’ai créé Chouette Philosophe et pourquoi j’ai été, aussi, touchée par le témoignage d’Alain Guyard et je vous invite à l’écouter :