Vous avez fait le point sur votre situation et, quelle qu’elle soit, vous savez qu’il est possible d’avoir une vie agréable si vous portez une attention réelle aux bons moments et que vous provoquez ces moments. Vous êtes également conscients des bienfaits pour votre santé en éloignant le stress et la déprime. Mais vous êtes aussi conscients que le chemin est chaotique.
« Deviens ce que tu es »
Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra
Ainsi que nous y invite Nietzsche, nous sommes en chemin vers le « surhomme » qui est en nous. C’est par l’introspection que nous nous connaîtrons mieux et ainsi nous pourrons développer ce qui nous convient.
Martin Seligman, le père de la psychologie positive, avec D.Myers et C.Peterson ont listé 24 forces de caractères. Ces prédispositions à penser, ressentir et agir, lorsque nous les connaissons et que nous les développons, nous permettent de nous épanouir.
Pour découvrir vos forces de caractère, l’institut VIA (USA) propose un questionnaire, en anglais pour l’introduction puis vous pouvez choisir français pour les questions :
Dans le premier article de ce calendrier je vous annonçais que je partagerai des outils, des idées, pour intégrer quelques rituels ou autres activités à votre agenda 2022 dans l’objectif d’améliorer votre capital bien-être. Mes conseils sont basés sur les résultats des recherches en psychologie et en neurosciences. Ils sont créateurs d’hormones du bien-être : endorphine, dopamine, sérotonine, ocytocine.
Les idées d’activités que j’ai partagées sont liées au lieu où je vis et à mes goûts. C’est à vous maintenant de trouver ce qui vous convient. Mais pour cela vous allez devoir faire le point sur votre opinion sur le bonheur car j’entends parfois dire que nous sommes soumis à un diktat du bonheur à tout prix qui devient angoissant et éloigne de son but. D’un autre côté, on déplore une augmentation des burn-out et des dépressions dès un très jeune âge. Alors il est peut-être nécessaire de définir ce dont nous avons vraiment besoin.
Sonja Lyubominsky propose aussi une échelle subjective de bonheur qui permet de faire le point sur notre niveau de satisfaction de notre vie actuelle. Alors réfléchissez à ce que vous ressentez vraiment, en vous, maintenant.
Sonja Lyubominsky, encore, présente les facteurs qui influencent notre niveau de bien-être ainsi :
50% génétique, notre capital dès le plus jeune âge
10% de circonstances, un jour pluvieux en période de pandémie sera très différent d’un jour ensoleillé en vacances
40% d’activés intentionnelles : à vous de choisir ce que vous voulez en faire
Adapted from Sonja Lyubominsky’s « Pursuing Happiness : The Architecture of Sustainable Change »
Si vous avez un mauvais capital génétique et que les circonstances sont défavorables, vous pensez que tout espoir est perdu. Pourtant, vous pouvez tout changer uniquement par vos actions intentionnelles.
Mais avez-vous déjà essayé de faire des changements dans votre vie sans être conscient de l’intérêt de faire cet effort, par exemple : arrêter de fumer, faire un régime, reprendre vos études à 50 ans ou changer de métier… ? Chaque changement, chaque nouvelle habitude que vous mettrez en place et qui tiendra dans le temps aura été précédée d’une prise de conscience, parfois forte et personnelle, parfois grâce à une rencontre, une découverte… qui aura provoqué une émotion. Je vous ai parlé du livre d’Antonio Damasio « Sentir et Savoir : une nouvelle théorie de la conscience » dans l’article du 24 juillet 2021. A Damasio explique que pour que l’esprit devienne conscient, nous devons ressentir une émotion.
Alors je vous invite à faire le point, à échanger, à partager pour cerner ce qui est vraiment bon pour vous. Trouvez l’étincelle qu’il vous manque ou qui était juste bien cachée en vous. Vous pouvez aussi décider que la mode des romantiques tristes comme Charles Baudelaire vous convient. Mais ne cherchait-il pas le bonheur lui aussi?
« Le bonheur est venu habiter chez moi, et je ne l’ai pas reconnu. »
Charles Baudelaire, le Spleen de Paris, Portraits de maitresses.
Avez-vous déjà entendu parler de cette expérience, sur un campus, où une somme d’argent était donnée à des personnes avec pour consigne de l’utiliser pour eux-mêmes, pour la moitié des personnes, pour quelqu’un d’autre pour l’autre moitié. Résultat, ceux qui ont utilisé l’argent pour d’autres en ont ressenti plus de satisfaction et de plaisir.
C’est un dilemme. Un acte de générosité, bienveillant envers autrui doit être fait sans en attendre un bénéfice pourtant les neurosciences et la psychologie montrent qu’il y a un bénéfice au final.
Alors il faudrait que l’acte soit fait sans attente mais il est difficile de ne pas chercher le regard ou le sourire ou le « merci » en retour. Le problème en philosophie est qu’il ne serait pas moral d’attendre un retour.
Et bien tant pis ! Je vous invite à ne pas être avare de gentillesse parce que c’est bon pour vous.
En fait, nous sommes fait pour être gentils les uns avec les autres. Certains chercheurs ont découvert que les humains recherchent la coopération. Nous voulons nous entendre. Lorsqu’ils ont fait des tests à l’aide d’un jeu, Rand, Greene et Nowak (2012) ont appris que des décisions plus rapides conduisaient à plus de coopération. De leur point de vue, cela se produit parce qu’une prise de décision plus longue implique une délibération minutieuse. Lorsqu’on nous demande de prendre une décision immédiate, nos actions sont plus intuitives. Donc la gentillesse est une action bienveillante et utile dirigée intentionnellement vers une autre personne, elle est motivée par le désir d’aider une autre personne et non d’obtenir une récompense explicite ou d’éviter une punition explicite et elle est intuitive. L’égoïsme altruiste à la base signifie que pour être heureux et en bonne santé, il faut aider les autres. L’amour et la gratitude pour les autres conduisent à un plus grand sentiment de satisfaction et de sécurité (Luks & Payne, 2001).
La gentillesse peut-elle avoir un impact sur notre bien-être ?
Tout d’abord, définissons chacun de ces termes. La gentillesse signifie être gentil ou offrir le meilleur de vous-même à quelqu’un, que ce soit une minute, une seconde ou plus. Le bien-être est un peu plus délicat à définir, mais dans les termes les plus simples, cela signifie «Sensation agréable procurée par la satisfaction de besoins physiques, l’absence de soucis » (Dictionnaire Le Robert). Comme le terme « bien-être » est utilisé dans toutes les disciplines, il n’y a pas de consensus sur la définition du bien-être. Au minimum, il existe un accord entre les disciplines que le bien-être inclut : – la présence d’émotions et d’humeurs positives (p. ex. contentement, bonheur); – l’absence d’émotions négatives (p. ex. dépression, anxiété); – satisfaction de la vie; – accomplissement et, fonctionnement positif. (Frey et Stutzer, 2002 ; Andrews et Withey, 1976 ; Diener, 2000 ; Ryff et Keyes, 1995 ; Diener, Suh, Oishi, 1997 ; Veenhoven, 2008)
En quoi les actes de gentillesse sont-ils bons pour vous (s’ils doivent l’être) ?
Ces actes vous permettront de fabriquer nos bonnes hormones (sérotonine) mais on observe aussi une meilleures estime de soi chez les personnes altruistes (Sonja Lyubormirsky). Vous améliorerez aussi vos relations avec les autres en général, pas uniquement ceux avec lesquels vous aurez été généreux.
Alors soyons gentils et altruistes tout au long de l’année. C’est bon pour nous et pour les autres!
« You must live in the present, launch yourself on every wave, find your eternity in each moment. Fools stand on their island of opportunities and look toward another land. There is no other land; there is no other life but this. «
Henry David Thoreau
Depuis la première case de ce calendrier, je vous ai partager de nombreux outils de psychologie positive pour que vous puissiez rendre les prochaines années meilleures que ce que nous vivons depuis quelques mois.
Il en est un qui semble très proche des autres mais dont les petites différences en font un outils supplémentaire : savoring (J’ai suivi cette formation en anglais, je n’ai pas toujours le mot français qui correspond vraiment mais celui-ci est tellement parlant que je le garde, il deviendra « savourer »).
Il est difficile de mettre intentionnellement notre attention sur des événements positifs et de prolonger les sentiments positifs parce que nous sommes vite submergés par des événements négatifs. Bryant et Veroff (2007) définissent « savoring » comme un assistant pour apprécier et renforcer les expériences positives qui se produisent dans la vie. Le terme dénote un processus et représente la contrepartie de l’adaptation.
Cela implique un comportement actif et reconnaît l’interaction entre la personne et son environnement, en mettant l’accent sur l’expérience de « savourer » dans son sens le plus large (Bryant & Veroff, 2007).
Cela signifie que le « savoring » peut être associé à un événement interne ou externe, ce qui pourrait ne pas nécessairement être tangible (Smith & Bryant, 2017).
Bien que intimement liée au plaisir, le « savoring » est davantage conscient de l’expérience agréable et à apprécier les émotions positives dérivées de cette expérience. Pour savourer une expérience, il faut posséder et appliquer un certain degré de conscience et de méta-sensibilisation (Bryant & Veroff, 2007).
3 formes ont été déterminées
Savourer le passé, également appelé réminiscence. Par exemple, se souvenir de moments drôles de l’école avec un ami.
Savourer le présent ou savourer le moment. Par exemple, profiter d’un nouveau repas en attirant votre attention sur les saveurs et les odeurs.
Savourer l’avenir, également appelé anticipation. Par exemple, visualisez le voyage que vous avez planifié avec votre partenaire pour ce prochain week-end.
Pour cela, vous devait être capable de :
vous connecter au moment présent (la pratique de la méditation vous y aidera)
vous devez avoir un moment de calme, libre de toute pression sociale (travail, famille…)
vos besoins physiques et psychologiques de base doivent être couverts
vous devez être présent en pleine conscience aux expériences positives
Cela ressemble beaucoup à la méditation, au « flow », l’attention profonde… pourtant, selon Bryant et Veroff (2007) certaines caractéristiques sont différentes :
Avec la pleine conscience Bien que le « savoring » implique la pleine conscience, c’est un processus beaucoup plus étroit. Il implique une attention volontaire à l’expérience présente, axée sur des stimuli internes ou externes exclusivement liés à des sentiments positifs.
Avec la méditation « Savoring » diffère également de la méditation en ce sens que l’activité ne vise pas à transcender le soi, mais de se concentrer sur des sentiments agréables vécus par le « soi ».
Avec la rêverie « Savoring » diffère de la rêverie car celle-ci implique le détachement de l’environnement immédiat; Savourer implique de retenir des expériences de cet environnement.
Avec le Flow Bien que le flow implique la jouissance de l’activité dans laquelle les gens s’engagent, cela implique une attention beaucoup moins consciente de l’expérience que de savourer. De plus, « savourer » n’implique pas nécessairement un défi.
Les avantages pour notre vie de créer des émotions positives sont d’élargir les pensées et les comportements des gens, de promouvoir la créativité, la connexion sociale, les ressources personnelles et la résilience (Tugade & Fredrickson, 2007).
Étant donné que ce processus entraîne l’amplification ou la persistance d’émotions positives, il peut être associé de manière positive à des niveaux plus élevés de bien-être subjectif (Smith & Bryant, 2017). Il est important de noter que les avantages de « savourer » dérivent du processus et de l’expérience personnelle plutôt que de la nature positive de l’événement.
Voici quelques idées pour mettre en pratique ce « savoring » :
en partageant des moments avec d’autres personnes
en gardant un souvenir mental du moment ou en faisant un journal des bons moments
en savourant les succès, individuels ou collectifs
en portant une attention particulière à des caractéristiques spécifiques de l’expérience (le son, le parfum…)
en comparant avec une autre expérience similaire pour réfléchir à ce qui rend cette dernière meilleure que la précédente
en laissant votre corps manifester vos émotions positives, cela amplifie les sentiments
en étant sensible à la fugacité du moment pour en tirer le meilleur parti avant qu’il ne finisse
en ne se concentrant pas sur les imperfections qui dévalueraient l’expérience positive.
L’approche des fêtes de fin d’année me semble être une source d’expériences à savourer. C’est à vous de jouer.