Pour continuer le partage d’idées de lectures réflexives, je vous invite à vous ouvrir aussi aux philosophies orientales (asiatiques et arabes) et pour cela, laissez-vous guider par Roger-Pol Droit dans Un Voyage dans les philosophies du monde, éd. Albin Michel. Vous y trouverez une présentation de chacune d’entre elles suivi de conseils de lecture.
Nous avons longtemps ignoré ces philosophies en tant que telles. Elles sont pourtant une même réflexion sur la vie mais avec des approches différentes. Elles offrent d’autres outils pour penser le monde reconnus depuis quelques temps et largement proposé dans la production éditoriale.
J’aime beaucoup les livres de Koike Ryûnosuke, Éloge du peu et L’Art de la consolation aux éditions P. Picquier mais vous en trouverez beaucoup d’autres sur les philosophies Chinoises, Japonaises et Indiennes chez cet éditeur. Aux éditions Actes Sud collection Babel, vous trouverez aussi quelques livres de philosophes arabes.
Les textes sont souvent accessibles sur internet puisqu’ils font partie du domaine public, leur lecture est intéressante : les Upanishads, les paroles de Confucius, de Lao Zi, Dogen et l’Art du Zen, La Falsafa, les textes d’Averroès, Rûmî …
Si vous préférez des lectures plus contemporaines, Mathieu Ricard et Satish Kumar seront des compagnons précieux.
Ouvrez-vous aux idées du monde entier qui vous aideront à avancer et qui vous enrichiront. Cette découverte, vous seul pouvez la faire. Alors bon voyage…
J’ai parfois l’impression que les conseils en psychologie positive sont tirés des réflexions que mènent les philosophes depuis l’antiquité. Réfléchir à ce qui est, ce qu’on sait, pourquoi on fait ce qu’on fait est le chemin pour découvrir ce qui est bon pour l’humain et pour vivre avec son environnement (humain et naturel). Alors pour faire le point sur soi et pour cheminer vers une « vie bonne » pour soi, la philosophie est une aide précieuse.
La réflexion philosophique aide à analyser nos opinions, nos idées. Pour vous guider, je vous recommande le livre de M Tozzi, « Penser par soi-même », éd. Chroniques sociale.
Je ne vous partagerai aujourd’hui que son premier exercice qui invite à noter vos idées, les opinions auxquelles vous tenez. Puis demandez-vous pourquoi vous y tenez autant. Seriez-vous prêt à faire évoluer cette idée ?
La réflexion philosophique vous invite à prendre une certaine distance avec les idées pour mieux les observer, à accueillir de nouvelles idées et à observer tout cela. Ce n’est pas facile, parfois déstabilisant, cela demande de l’entraînement mais c’est tellement enrichissant. C’est un moyen d’éclairer nos vies, personnelles et en société.
Pour nous accompagner, les philosophes ont écrit sur presque tous les sujets. Leur lecture nous apporte un éclairage et nous fait avancer. Il est un sujet qui a été traité à différentes époques et qui me semble intéressant pour avancer dans notre prise de conscience de l’action à mener pour nous apporter du bien-être :
Nous ne devons rien attendre des autres mais nous devons agir nous-même !
Cela peut sembler un peu rude, pourtant Épictète, dans son Manuel, nous démontre que certaines choses dépendent de nous, d’autres non. Nous ne pouvons pas agir sur ce qui ne dépend pas de nous. Par exemple je ne sais pas ce que prépare mon mari pour Noël. Si je passe mon temps à espérer qu’il m’achète des bâtons de marches pour mes 30 minutes de sport quotidien, je risque d’être déçue si je reçoit du parfum à la place. Mais si je n’attends rien, quel que soit le cadeau, ce sera une belle surprise et pas de cadeau ne posera pas de problème non plus. Si j’ai besoin de bâtons de marche, je vais m’en acheter. Mon exemple est un peu trivial, certes.
Ce que dit Épictète est que certaines choses dépendent de nous, d’autres non et nous pouvons nous protéger des déceptions en gérant nos désirs. Cette idée invite à une vie plutôt austère mais ne pouvons-nous pas y trouver une part qui puisse être adaptée à nos vies modernes ?
De nombreux articles ou livres sont parus sur le thème de la philosophie comme art de vivre ou comme moyen de bien vivre. Entre autres un grand dossier de Sciences Humaines et un livre « La Philosophie, un art de vivre », collectif sous la direction de J-F. Buisson. Les livres de Pierre Hadot dont « La philosophie comme manière de vivre » mais aussi Roger-Pol Droit « Vivre aujourd’hui: Avec Socrate, Épicure, Sénèque et tous les autres », André Comte-Sponville, Frédéric Lenoir ou directement les textes au lieu de leurs interprétations.
A vous de faire votre liste au Père Noël ou à votre libraire. Il y a aussi des vidéos et des podcasts, à vous de choisir et gardez l’esprit ouvert.
Vous avez fait le point sur votre situation et, quelle qu’elle soit, vous savez qu’il est possible d’avoir une vie agréable si vous portez une attention réelle aux bons moments et que vous provoquez ces moments. Vous êtes également conscients des bienfaits pour votre santé en éloignant le stress et la déprime. Mais vous êtes aussi conscients que le chemin est chaotique.
« Deviens ce que tu es »
Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra
Ainsi que nous y invite Nietzsche, nous sommes en chemin vers le « surhomme » qui est en nous. C’est par l’introspection que nous nous connaîtrons mieux et ainsi nous pourrons développer ce qui nous convient.
Martin Seligman, le père de la psychologie positive, avec D.Myers et C.Peterson ont listé 24 forces de caractères. Ces prédispositions à penser, ressentir et agir, lorsque nous les connaissons et que nous les développons, nous permettent de nous épanouir.
Pour découvrir vos forces de caractère, l’institut VIA (USA) propose un questionnaire, en anglais pour l’introduction puis vous pouvez choisir français pour les questions :
Dans le premier article de ce calendrier je vous annonçais que je partagerai des outils, des idées, pour intégrer quelques rituels ou autres activités à votre agenda 2022 dans l’objectif d’améliorer votre capital bien-être. Mes conseils sont basés sur les résultats des recherches en psychologie et en neurosciences. Ils sont créateurs d’hormones du bien-être : endorphine, dopamine, sérotonine, ocytocine.
Les idées d’activités que j’ai partagées sont liées au lieu où je vis et à mes goûts. C’est à vous maintenant de trouver ce qui vous convient. Mais pour cela vous allez devoir faire le point sur votre opinion sur le bonheur car j’entends parfois dire que nous sommes soumis à un diktat du bonheur à tout prix qui devient angoissant et éloigne de son but. D’un autre côté, on déplore une augmentation des burn-out et des dépressions dès un très jeune âge. Alors il est peut-être nécessaire de définir ce dont nous avons vraiment besoin.
Sonja Lyubominsky propose aussi une échelle subjective de bonheur qui permet de faire le point sur notre niveau de satisfaction de notre vie actuelle. Alors réfléchissez à ce que vous ressentez vraiment, en vous, maintenant.
Sonja Lyubominsky, encore, présente les facteurs qui influencent notre niveau de bien-être ainsi :
50% génétique, notre capital dès le plus jeune âge
10% de circonstances, un jour pluvieux en période de pandémie sera très différent d’un jour ensoleillé en vacances
40% d’activés intentionnelles : à vous de choisir ce que vous voulez en faire
Adapted from Sonja Lyubominsky’s « Pursuing Happiness : The Architecture of Sustainable Change »
Si vous avez un mauvais capital génétique et que les circonstances sont défavorables, vous pensez que tout espoir est perdu. Pourtant, vous pouvez tout changer uniquement par vos actions intentionnelles.
Mais avez-vous déjà essayé de faire des changements dans votre vie sans être conscient de l’intérêt de faire cet effort, par exemple : arrêter de fumer, faire un régime, reprendre vos études à 50 ans ou changer de métier… ? Chaque changement, chaque nouvelle habitude que vous mettrez en place et qui tiendra dans le temps aura été précédée d’une prise de conscience, parfois forte et personnelle, parfois grâce à une rencontre, une découverte… qui aura provoqué une émotion. Je vous ai parlé du livre d’Antonio Damasio « Sentir et Savoir : une nouvelle théorie de la conscience » dans l’article du 24 juillet 2021. A Damasio explique que pour que l’esprit devienne conscient, nous devons ressentir une émotion.
Alors je vous invite à faire le point, à échanger, à partager pour cerner ce qui est vraiment bon pour vous. Trouvez l’étincelle qu’il vous manque ou qui était juste bien cachée en vous. Vous pouvez aussi décider que la mode des romantiques tristes comme Charles Baudelaire vous convient. Mais ne cherchait-il pas le bonheur lui aussi?
« Le bonheur est venu habiter chez moi, et je ne l’ai pas reconnu. »
Charles Baudelaire, le Spleen de Paris, Portraits de maitresses.