Calendrier de l’avent, J13

Jamais 2 sans 3. J’ai encore une idée à partager pour atteindre ce flow, cette intense concentration.

ÉCRIRE

Je vous ai déjà invités à tenir un carnet de gratitude. Dans ce carnet, ce qui est important est ce que vous vous remémorez, que vous revivez. Maintenant je vous invite à écrire pour garder une trace de vos vacances, des moments mémorables de la vie de vos jeunes enfants, de votre quotidien.

Il est agréable de coucher ses souvenirs sur le papier, de se souvenir des détails, de chercher les mots, les phrases pour exprimer au mieux ce que vous avez vécu. Peut-être même tenir à jour un cahier particulier à destination de vos enfants et petits enfants. N’avez-vous jamais regretté de ne pas avoir de trace écrites de la vie de vos parents ou grands-parents lorsqu’ils ne sont plus là ? Il reste des photos mais il manque les légendes. Alors écrivez. C’est bon pour vous et vous laisserez un beau souvenir pour vos descendants.

Vous pouvez aussi écrire pour réfléchir. Gardez un petit carnet toujours accessible pour noter vos idées et pouvoir ainsi y revenir quand vous avez plus de temps. Les réflexions pourront ainsi grandir avec le temps, sans crainte d’en oublier une partie. Il n’est pas nécessaire d’être un chercheur pour cela, il s’agit juste de noter les sujets qui vous trottent dans la tête pour améliorer votre façon de cuisiner les carottes. comment et pourquoi changer l’aménagement du salon ? est-ce qu’il y a du respect dans la tolérance ? Les questions philosophiques ou autres qui tournent dans votre tête trouveront des réponses petit à petit dans votre carnet.

Vous avez aussi la possibilité de vous lancer dans l’écriture créative. Il ne s’agit pas d’écrire un roman de 500 pages immédiatement mais d’écrire de courts textes, des nouvelles, de la prose, des haïkus…

Il existe de nombreux ateliers là aussi mais si vous préférez rester chez vous, vous trouverez certainement la proposition d’un concours de nouvelle quelque part en France. Des sites recensent les différents concours :

Lorsque j’étais bibliothécaire, j’organisais un concours à partir des 10 mots de Dis moi dix mots avec un collègue qui continue l’aventure. Le règlement sera accessible à partir du 21 décembre ici

Partagez cette activité avec vos enfants, ils seront contents d’écrire leurs histoires, leurs pensées, leurs idées dans un joli carnet. Vous pouvez même leur offrir le super Carnet de l’apprenti écrivain de Susie Morgenstein aux éditions de la Martinière. Il aura des idées pour toute l’année.

Alors il est temps de préparer quelques beaux stylos, un joli cahier ou un carnet qui ferme bien et laissez les mots vous envahir.

Calendrier de l’avent, J12

A la suite de l’article du J11, tout le monde aura compris que pour accéder à cet état d’expérience optimale, de flow, la lecture n’est pas le seul moyen. Le sport est donc très connu pour cela mais il y a aussi les activités créatives. Je vous ai déjà proposé de fabriquer vos cadeaux, de faire un stage de poterie, mais je pense plus ici au peintre plongé dans son travail, à la recherche du trait, de la couleur, de la technique ou au photographe qui va arpenter les chemins à la recherche du bon sujet, de la bonne lumière, qui va essayer les différentes ouvertures pour modifier les effets…

Une peintre m’a dit un jour que c’est le travail qui fait le talent et qu’il est donc permis à tout le monde, à condition de s’y consacrer vraiment, d’apprendre à dessiner ou peindre..

On retrouve cet état dans la réalisation d’ouvrages de couture, de broderie, de tricot, de menuiserie… Certains reviennent d’ailleurs à la mode, peut-être par besoin de renouer avec des activités créatrices justement. Ces savoirs étaient transmis par les parents ou les grand-parents mais les familles se sont éloignés dans tous les coins de France et du monde, ces pratiques sont devenues désuètes et oubliées. Il est donc nécessaire de trouver des cours ou des associations pour apprendre et pratiquer avant d’être autonome.

En 2022, quelle est la technique que vous aimeriez apprendre ? Qu’est ce que vous faisiez plus jeunes que vous avez mis de côté faute de temps ou d’énergie et que vous souhaiteriez refaire ? Essayer de penser à ce que vous aimiez faire ? Ces moments où vous ne voyiez pas le temps passer, où vous ressentiez un sentiment de satisfaction en voyant votre réalisation. Il est peut-être temps de leur donner une nouvelle chance. A moins que ce ne soit l’occasion d’essayer quelque chose dont vous avez envie depuis longtemps sans jamais avoir osé.

Alors plongez-vous dans l’onglet « associations » du site de votre ville, parlez-en autour de vous, il y a certainement d’autres personnes dans votre cas ou qui connait un atelier, une association… Donnez-vous cette chance de mettre du « flow » dans votre vie.

Calendrier de l’avent, J11

Avez-vous déjà ressenti cette expérience agréable de ne pas voir le temps passer tellement vous étiez concentrés dans une activité? Je ne parle pas du temps passé à regarder un flux d’infos sur internet ou une journée devant les films de Noël à la télévision. Non, il s’agit d’un moment consacré à une activité que vous avez choisie dans un but précis et qui vous procure un plaisir profond.

Il s’agit du « flow » définit par le psychologue Mihàly Csikszentmihalyi dans les années 70/80 aux États Unis.

Pour atteindre cet état, Csíkszentmihályi et Jeanne Nakamura (2009) ont identifié six composantes de l’expérience de flux :

  1. une concentration intense et focalisée sur le moment présent ;
  2. une fusion de l’action et de la conscience ;
  3. une perte de la conscience de soi réflexive ;
  4. un sentiment de contrôle personnel sur la situation ou l’activité ;
  5. une distorsion de l’expérience temporelle ;
  6. une expérience de l’activité comme intrinsèquement gratifiante, appelée expérience autotélique (qui est le but en soi) ;

Généralement, les sportifs connaissent cet état. Leur concentration est totale pour réaliser au mieux leur activité dans l’objectif d’améliorer leur condition physique et leurs performances. Mais nous ne voulons pas tous devenir des sportifs de haut niveau et un sportif peut aussi avoir d’autres activités passionnantes.

Pour moi, la façon la plus facile d’atteindre cet état de concentration est de lire, en particulier un livre qui va me demander quelques efforts et m’apporter un enrichissement soit simplement par le vocabulaire utilisé soit par les idées soit par le style, en particulier lorsqu’il s’agit d’un auteur d’un autre pays.

Voici quelques livres qui m’ont laissé un souvenir particulier :

  • La série des IQ84 d’Haruki Murakami
  • Le poids du papillon d’Erri de Luca
  • Un voyage en Inde de Gonçalo M. Tavares
  • Écoutez nos défaites de Laurent Gaudé
  • Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants, de Mathias Enard
  • Le livre de l’intranquillité de Fernando Pessoa
  • Novecento d’Alessandro Baricco
  • Le voyage de l’éléphant, de José Sarmago

Mais peut-être que ces livres ne vous conviendront pas. Il faut se plonger dans les bibliothèques et les librairies, échanger avec les professionnels, écouter les auteurs parler de leurs créations et vous trouverez ce qui vous convient le mieux pour vous plonger totalement dans le plaisir de lire et en sortir avec la sensation d’avoir grandi.

A ceux qui me disent qu’ils n’aiment pas lire, j’ai l’habitude de répondre qu’il existe certainement un livre qui convient à chaque personnalité dans toute la production éditoriale. Si le problème est lié à des difficultés de lecture, pour quelque raison que ce soit, il existe certainement une solution parmi les différentes formes sous lesquels on accède aux livres : éditions adaptées aux dys papier ou numérique (Mobidys offre une belle bibliothèque pour les jeunes), audio, grands caractères…

Vous pourrez aussi vivre l’expérience du « flow » en écoutant de la musique, en admirant des œuvres d’art. Alors, au-delà du simple plaisir vous atteindrez une réelle satisfaction comme l’explique Mihàly Csikszentmihalyi dans le livre « Vivre la psychologie du bonheur » , présenté dans cette vidéo

Alors qu’attendez-vous pour commencer ?

Calendrier de l’avent, J10

Donner du sens, être plus optimiste, plus attentif aux autres et à nous-même, plus détendu… tout cela serait bien agréable mais tellement loin de la réalité de nos vies.

En étudiant la psychologie positive vous découvrirez les résultats des recherches Robert Emmons : la gratitude. Il ne s’agit évidemment pas du remerciement que nous adressons à la personne qui nous a servi de l’eau à table mais d’un sentiment profond de reconnaissance envers une personne ou la vie ou la nature…

Cela nécessite une grande attention à ce qu’on a reçu et à son origine. Nous agissons souvent machinalement et lorsqu’un bienfait nous arrive, nous prenons rarement le temps de le savourer pour passer à autre chose. Alors petit à petit, nous avons le sentiment que nos vies sont pleines de désagréments. Pour inverser cette tendance, il faut s’entrainer, là encore.

Vous avez certainement vu dans les papeteries ou entendu parler de « journal de gratitude », des jolis petits carnets avec quelques conseils. C’est un bon moyen pour commencer. Vous pouvez aussi choisir un simple carnet que vous décorerez ou un joli carnet à la couverture décorée que vous aurez plaisir à poser bien en vue sur votre bureau ou sur votre table de chevet. Parce que ce carnet doit être visible et accessible pour ne pas oublier de l’ouvrir et de vous offrir un temps de pause pour réfléchir à ce pour quoi vous vous sentez reconnaissant. Prendre ce temps régulièrement vous rendra plus attentif aux belles choses qui vous arrivent. Et un joli carnet fera un chouette cadeau de Noël.

Gratitude : Le souvenir reconnaissant de ce qui fut vécu ou reçu : souvenir d’un bonheur ou d’une grâce, et bonheur lui-même, et grâce renouvelée! C’est par quoi c’est une vertu – parce qu’elle se réjouit de ce qu’elle doit, quand l’amour-propre préférerait l’oublier.

André Comte-Sponville, in Dictionnaire philosophique, éd. puf